Serigne Gueye Diop a présidé, hier lundi, une réunion du comité de pilotage du processus d'élaboration du projet de loi de promotion de l'industrialisation. A cette occasion, le ministre de l'Industrie et du Commerce a décliné les axes d'un cadre normatif qui devra soutenir la compétitivité industrielle dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAF).
Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a tracé les axes de la future loi sur l'industrialisation du Sénégal. Une loi qui doit s'inscrire dans le sillage de l'agenda de transformation Sénégal 2050 et qui fait suite à la publication d'un livre blanc sur l'industrialisation, après un diagnostic fait par les Etats généraux du secteur. Ainsi, avec son budget qui a été multiplié par sept (07), le ministre a annoncé la création d'une trentaine de zones agro-industrielles et d'une zone industrielle de chacun des 45 départements du pays.
«...Il s'agit maintenant d'aller vers une loi sur l'industrialisation du Sénégal. Le plus important pour cette loi, c'est d'abord la densité du tissu industriel. Nous allons, avec les agropoles, créer déjà 30 zones agro-industrielles sur l'ensemble du territoire. Notre budget est passé de 50 milliards à 350 milliards... Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle. En plus de cela, nous avons aussi l'APROSI (Agence d'Aménagement et de Promotion des Sites industriels, ndlr), qui va avoir 10 zones industrielles, dans le domaine du phosphate, dans le domaine agroalimentaire, à Touba, à Matam, sur l'ensemble du Sénégal. Cela veut dire qu'à terme, nous aurons au moins 45 sites industriels», a délcaré Serigne Guèye Diop qui a présidé hier, lundi 2 février 2026, une réunion du comité de pilotage du processus d'élaboration du projet de loi de promotion de l'industrialisation.
PATRIOTISME ÉCONOMIQUE POUR JUGULER LE CARACTÈRE EXTRAVERTI DE L'ÉCONOMIE SÉNÉGALAISE DONT 46 À 50% SONT DETENUS PAR DES ÉTRANGERS
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Cette nouvelle loi en gestation sera un levier de promotion du patriotisme économique pour juguler le caractère extraverti de l'économie de du pays dont une grande part est entre les mains des étrangers. Et dans ce sens, la nouvelle loi devra permettre d'aller vers des jonctions entre privés nationaux et étrangers mais aussi de mettre en place un fonds de soutien aux entreprises pour leur permettre de faire face à la concurrence et de pouvoir enclencher des dynamiques de croissance.
«Le Sénégal a une économie extravertie. On l'a dit, 46 à 50% de notre économie, on le sait tous, c'est entre les mains des étrangers. Alors, on n'a rien contre les étrangers, on veut juste qu'il y ait un patriotisme économique. Cela veut dire que les gens qui viennent investir au Sénégal puissent s'associer avec des Sénégalais, avec l'État, pour que l'État et le pays puissent aussi en bénéficier. Le dernier aspect... J'ai demandé au niveau de la loi, vous ne pouvez pas développer l'industrie sans la soutenir. J'étais en Turquie il y a juste 3 mois, le ministère de l'Industrie de Turquie a 20 milliards de dollars pour soutenir les industries, pas seulement les PME, mais toutes les industries. Donc là aussi, il va falloir, dans les budgets qui vont venir, tenir compte justement de tout ceci...» a dit Serigne Gueye Diop.
En plus de ces aspects, le ministre de l'Industrie et du Commerce compte sur la mise à disposition de ressources humaines qualifiées et des infrastructures adaptées. Il s'agira de mettre sur le marché des ingénieurs produits des écoles et instituts de formation professionnelle qui vont mailler les terroirs et de créer des ports secs.
NÉCESSITÉ D'AVOIR DES SITES INDUSTRIELS DÉDIÉS AUX DIFFÉRENTES ACTIVITÉS ET DEVOIR DE FINANCER ET DE SUBVENTIONNER LES INDUSTRIES NAISSANTES
Relevant les défis d'une industrialisation de qualité, le ministre a souligné la nécessité d'avoir des sites industriels dédiés aux différentes activités, mais aussi le devoir de financer et de subventionner les industries naissantes pour en faire des champions et leur éviter le sort qu'ont les premières unités industrielles que le pays a connu par le passé. «...On ne peut pas le laisser seulement au secteur privé. Il faut le financer, il faut le subventionner, il faut l'appuyer. Tous les pays ont fait cela, ça paraît très important. Et le troisième, c'est la protection, il est hors de question de laisser nos petites industries naissantes, notre agriculture naissante, sans la protéger. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il y a un seul ministère de l'Industrie et du Commerce. Si vous ne protégez pas votre industrie, vous allez vous retrouver avec ce qui s'est passé avec BATA, SOTIBA-SIMPAFRIC, SOTEXKA, que vous connaissez. Toutes ces industries sont fermées. Pourquoi ? Parce, le ministère du Commerce ne protège pas les industries. Le ministère de l'Industrie ne parle pas au ministère du Commerce. C'est pour cette raison que des pays comme le Japon ont mis en place de puissants ministères de l'Industrie et du Commerce qui ont protégé leurs industries automobiles et qui ont fait en sorte qu'elles puissent se développer. L'autre défi, c'est les taxes aussi. Pour ça, on est dans l'UEMOA, la CEDEAO et dans l'Union Africaine, on traite avec l'Union Européenne. Mais, ça ne va pas empêcher notre pays de mettre en place des politiques de protection pour développer ces activités-là», a annoncé le ministre.
A travers cette loi qui sera mise en place, l'objectif affiché par le ministre de l'Industrie et du Commerce est de faire du Sénégal un modèle d'industrialisation en Afrique. «Notre but [...] est de faire du Sénégal un modèle d'industrialisation en Afrique, un modèle à suivre qui attire les investissements directs étrangers et qui va nous permettre tout de suite de créer un système gagnant-gagnant pour tous les partenaires aussi bien les ouvriers, les investisseurs, les clients, tout le monde puisse gagner quelque chose dans cette perspective» a indiqué le ministre. Ce nouveau cadre législatif devra répondre aux besoins de l'économie, dans le contexte actuel de la Zone de libre-échange continentale Africaine (ZLECAF) où le Sénégal doit être en compétition avec 54 pays.