Cote d'Ivoire: Lancement de la Banque africaine de l'énergie/Sangafowa-Coulibaly - 'Il n'y a plus d'obstacles'

3 Février 2026

La Banque africaine de l'énergie (Aeb/Bae)) est fin prête pour démarrer ses activités. Les travaux des deux comités mis en place par l'Organisation des pays africains producteurs du pétrole (Appo) et chargés de réfléchir et de coordonner la mise en place de cette institution en ont donné l'assurance, hier, à Abuja, au Nigéria.

Porté à la tête de cette organisation en novembre 2025, il vient de débuter son mandat avec la concrétisation d'un projet structurant, celui de l'opérationnalisation de la Banque africaine de l'énergie (Aeb/ Bae).

Lundi 2 février 2026, les dirigeants de l'organisation ont pu apprécier et valider les conclusions des comités mis en place pour réfléchir et coordonner le processus de mise en place effective de l'institution bancaire du secteur de l'énergie.

A l'ouverture des travaux, le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly s'est réjoui de la tenue de cette rencontre au Nigéria, dans la mesure où, dit-il, elle constitue une étape importante du processus d'opérationnalisation de la Banque africaine de l'Énergie (Aeb, sigle en anglais), un projet structurant pour les pays africains et particulièrement pour les pays membres de l'Appo.

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« La création de cette banque, en partenariat avec Afreximbank, est une belle ambition collective légitime qui s'inscrit dans la quête d'une souveraineté énergétique », se félicite Sangafowa-Coulibaly.

Un enthousiasme qui se justifie, car bien que le continent africain dispose d'un fort potentiel énergétique qui peinait à être mis en valeur au bénéfice des populations, en raison des difficultés multiformes dont les difficultés d'accès aux financements.

D'où la nécessité d'une institution financière dédiée

« Face à cette réalité, la Bae/ Aeb est assurément une solution pragmatique pour l'Afrique. De nombreuses étapes ont déjà été franchies dans le processus de sa mise en oeuvre. Nous avançons vers les ultimes étapes qui sont décisives », poursuit le ministre Sangafowa-Coulibaly.

Ces étapes décisives, à en croire le ministre nigérian des Ressources pétrolières, le Dr Heineken Lokpobiri, concernent, entre autres, la mobilisation des fonds pour la constitution du capital de l'établissement financier.

A ce niveau, le ministre hôte a assuré que, même si tous les pays n'ont pas encore honoré leurs engagements dans ce sens, l'Aeb peut démarrer ses activités. Car, son pays, le Nigéria, a déjà versé sa quote-part du capital, puis mis à disposition le siège entièrement meublé, occupant un palier de l'immeuble-siège de Afreximbank, l'un des partenaires de l'Appo.

Pour le ministre Sangafowa-Coulibaly, il n'y a donc plus d'obstacles à l'opérationnalisation de l'Aeb. « ... Nous sommes plus que satisfait du travail abattu par le Nigéria...Pour créer une banque, il faut des documents, nous les avons ; il faut un capital disponible, nous l'avons et il faut un siège, nous l'avons désormais. Il n'y a donc plus d'obstacles au lancement de la banque africaine de l'énergie », rassure le ministre et président de l'Appo.

Bien confiant que les autres étapes restantes concernent la tenue de l'Assemblée générale, la mise en place du Conseil d'administration et la désignation du directeur général de la banque.

Des étapes qui ne sont pas à négliger, conformément aux exigences de la bonne gouvernance. Satisfait, certes, de ces acquis, le ministre Sangafowa-Coulibaly ne veut pas tomber dans le fétichisme de date.

Il se veut très prudent et se donne un délai n'excédant pas le mois de juin 2026 pour le lancement effectif des activités de l'Aeb, bien que toutes les conditions soient réunies pour ouvrir la banque fin avril 2026, comme le souhaite son homologue du Nigéria, le Dr Heineken Lokpobiri.

En tout cas, Sangafowa-Coulibaly est fier de l'avancement du processus de mise en place et du lancement d'une institution financière qui, selon lui, viendra mettre fin à un paradoxe : « l'Afrique a un important potentiel énergétique, mais les populations n'ont pas accès à l'énergie...pour la simple raison que les circuits de financement traditionnels constituent un chemin de croix et maintiennent le continent dans une dépendance énergétique. C'est pourquoi nous avons trouvé nécessaire de créer cette banque qui nous permettra les financements sur place », explique le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Energie.

Le secrétaire général de l'Appo, Farid Ghezali, est tout aussi heureux de cet acquis important de la rencontre d'Abuja. « Cela démontre la détermination à se doter d'une institution financière forte telle la banque qui vient créer et sécuriser à long terme la chaîne de valeurs en matière de ressources énergétiques...

Cela montre aussi la conviction de transformer l'ambition en une réalité », soutient-il. Son opinion est partagée par Haytham Elmaayergi, représentant le président d'Afreximbank qui affirme que l'Aeb est une réponse africaine à la volatilité énergétique. »

Le Nigéria offre le siège de l'Aeb à l'Appo

Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly, président du Conseil des ministres de l'Organisation des pays africains producteurs du pétrole (Appo) a réceptionné, le lundi 2 février 2026, à Abuja, le siège devant abriter la Banque africaine de l'énergie (Aeb).

En effet, offert par la République fédérale du Nigéria, le siège de l'Aeb est hébergé, provisoirement dans les trois derniers étages de l'immeuble moderne de l'Afreximband African Trade Center (Aatc), à Abuja.

Le temps que les autorités nigérianes aménagent un terrain approprié pour la construction proprement dite du siège de la Banque africaine de l'énergie, un projet structurant du secteur énergétique africain.

À l'issue d'une visite guidée conduite par le ministre des Ressources pétrolières du Nigéria, le Dr Heineken Lokpobiri, le président de l'Appo n'a pas caché sa satisfaction face à ces beaux locaux entièrement équipés, avec un design moderne, adapté aux activités d'une banque.

« On ne doit plus perdre le temps, nous devons tout faire pour rendre opérationnelle l'institution », promet en substance le ministre Sangafowa-Coulibaly. Il a traduit sa gratitude aux dirigeants de la République fédérale du Nigéria qui viennent ainsi d'honorer leur engagement à offrir le siège de la banque à l'Appo.

À ces remerciements, il associe les responsables d'Afreximbank qui ont fortement contribué au processus avec la coordination et la clairvoyance du secrétaire général, Farid Ghezali. La banque africaine de l'énergie est une initiative de l'Appo soutenue par Afreximbank qui vise à financer les projets pétroliers, gaziers et d'énergies renouvelables sur le continent.

Elle ambitionne de renforcer la souveraineté énergétique africaine et de combler le désengagement des bailleurs internationaux, notamment pour les combustibles fossiles.

Cette institution vient également répondre au paradoxe d'un continent riche en ressources (125 milliards de barils de pétrole, 650 trillions de pieds cubes de gaz, avec 75% de pétrole et 45% de gaz exportés) mais confronté à une grande pauvreté énergétique, comme l'a rappelé le ministre Sangafowa-Coulibaly.

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