Ile Maurice: Permis à points - Une évaluation progressive avant tout verdict

Le nouveau permis à points est entré en vigueur le samedi 31 janvier. Conçu pour responsabiliser davantage les usagers de la route et freiner les comportements dangereux, ce dispositif - dont l'efficacité a été démontrée dans plusieurs pays - devra toutefois être évalué sur plusieurs mois avant de pouvoir dresser un bilan fiable.

Dès les premiers jours d'application, les forces de l'ordre ont dressé 1 259 contraventions entre vendredi et dimanche. Parmi celles-ci figurent 15 cas de conduite sous l'emprise de l'alcool et quatre contrôles positifs aux stupéfiants.

À ce stade, la comptabilisation des points de pénalité attribués aux conducteurs concernés reste à déterminer et fera l'objet d'un examen au cas par cas. Ces premiers chiffres montrent que des comportements à risque persistent sur les routes et soulignent l'importance d'un suivi régulier, ainsi que d'actions préventives complémentaires, telles que des campagnes de sensibilisation et des contrôles ciblés.

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Parallèlement, les autorités étudient la possibilité de recourir aux caméras du réseau Safe City pour dresser des contraventions. Une telle option pourrait améliorer la détection des infractions et accélérer les interventions, mais elle soulève également des questions relatives à la fiabilité technologique et à la protection de la vie privée.

Lors du lancement officiel du permis à points, vendredi dernier, le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, a indiqué que les 150 caméras Safe City, actuellement utilisées principalement à des fins de surveillance, pourraient également servir à d'autres fonctionnalités.

Grâce à l'intégration de l'intelligence artificielle et à de nouveaux logiciels, ces caméras pourraient agir comme des «yeux électroniques», capables de détecter automatiquement certaines infractions - telles que les excès de vitesse ou le non-respect des feux rouges - et d'envoyer des notifications centralisées en temps réel.«Toutes ces initiatives, que nous espérons mettre en oeuvre rapidement, visent à apporter un changement significatif sur nos routes», a insisté le ministre. Toutefois, avant toute généralisation, il sera nécessaire d'évaluer la fiabilité des dispositifs, de définir des cadres juridiques clairs et d'informer le public sur les garanties mises en place.

Pour rappel, le projet Safe City, lancé en 2017 sous la tutelle du bureau du Premier ministre, visait à renforcer la sécurité publique et la gestion urbaine à travers une combinaison de surveillance vidéo intelligente, de contrôle du trafic, et de lutte contre la délinquance et le trafic de drogue.

Conçu pour améliorer la qualité de vie des citoyens, il prévoyait notamment le déploiement de caméras d'Intelligent Traffic Surveillance, capables de détecter automatiquement les infractions routières grâce à la reconnaissance des plaques d'immatriculation et d'émettre des contraventions, tout en centralisant les alertes et les données sur une plateforme d'Intelligent Video Surveillance.

À long terme, l'efficacité du permis à points dépendra de plusieurs facteurs : la régularité des contrôles, la rigueur des sanctions, la qualité des campagnes de prévention et l'adhésion des conducteurs. Si ces conditions sont réunies, ce système pourrait contribuer à une réduction significative de l'insécurité routière. Il faudra néanmoins attendre plusieurs mois pour mesurer son impact réel sur le comportement des automobilistes et sur l'évolution du nombre d'accidents.

Par ailleurs, dans le cadre de ses efforts visant à améliorer la circulation routière, la Traffic Management and Road Safety Unit a mis en place une adresse électronique - permettant au public de transmettre doléances, suggestions et propositions en vue d'améliorer la gestion du trafic et la sécurité routière.

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