Le nouveau budget de la France a été adopté lundi 2 février à l'Assemblée nationale. Pas par un vote mais par l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution par le gouvernement Lecornu, qui s'était pourtant engagé à ne pas l'utiliser. Une nouvelle baisse de l'aide publique au développement a été décidée: au total, 3,5 milliards d'euros seront alloués, ce qui représente une coupe de 800 millions d'euros par rapport à 2025. L'enveloppe dédiée au financement de projets en Afrique se retrouve directement affectée.
En 2026, il y aura près de 800 millions d'euros de coupe dans l'enveloppe de l'aide publique au développement (APD). Concrètement, cela signifie que moins de projets seront financés. Même si l'Agence Française de développement assure s'être adapté à cette baisse, elle a dû revoir ses priorités quant à ses dons et ses prêts.
L'année dernière déjà, en 2025, le gouvernement avait sabré un tiers de l'enveloppe de l'aide publique au développement, soit presque deux milliards d'euros. L'enveloppe destinée au financement de projets en Afrique avait été sabrée d'un tiers, c'est à dire quatre milliards d'euros l'année dernière contre 6 milliards en 2024.
Des ONG présentes en Afrique vont voir leurs dons rabotés
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Cela devrait se poursuivre, estime Fabrice Ferrier, directeur de Focus 2030 association qui accompagne les acteurs de la solidarité internationale : « La partie "dons" de l'AFD va être particulièrement rabotée, notamment le soutien aux organisations multilatérales, qu'il s'agisse des entités onusiennes ou encore tout particulièrement de la réponse aux crises humanitaires. Et enfin, en matière de santé, Gavi, l'Alliance du Vaccin, par exemple, ou encore le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Et cela va affecter tout particulièrement le continent africain et l'Afrique subsaharienne, pour être plus précis ».
La logique d'investissement semble primer sur l'aide au développement. Et elle mène vers les pays les plus à même de rembourser - ceux qui offrent aux acteurs privés le plus d'opportunités. L'année dernière, l'AFD a notamment investi dans des projets au Maroc et en Afrique du Sud.