Une réunion de crise se tient ce mardi 3 février dans l'urgence absolue. Le Port Autonome de Douala (PAD), poumon économique du Cameroun, est étranglé par un conflit qui défie l'autorité de l'État. Des centaines de conteneurs sont immobilisés, menaçant de paralyser les chaînes d'approvisionnement nationale.
Un bras de fer qui défie la Primature
Le conflit oppose la Douane, le Port et l'entreprise privée Transatlantic S.A., gestionnaire du scanner de marchandises. Malgré un arbitrage clair du Premier ministre Joseph Dion Ngute ordonnant la suspension de frais contestés, la facturation se poursuit. Cette résistance ouverte place les opérateurs dans l'impasse : Transatlantic S.A. exige le paiement, tandis que la Douane refuse de libérer les marchandises sans justificatif. Le corridor portuaire vital pour la sous-région est au point mort.
L'économie nationale prise en otage
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Les conséquences sont immédiates et graves. Des frais de stationnement exorbitants s'accumulent sur les conteneurs bloqués, une facture finale qui sera répercutée sur les consommateurs. Cette crise portuaire survient à un moment critique, alors que les marchés locaux souffrent déjà d'inflation. L'immobilisme pénalise directement les importateurs, les industries et menace la stabilité des prix. L'image d'un État dont les instructions sont ignorées par un acteur privé porte un coup à la crédibilité gouvernementale.
Une réunion de la dernière chance
La rencontre de ce mardi vise à imposer une solution d'urgence. Les enjeux sont de débloquer physiquement les marchandises par un moratoire, de faire respecter l'arbitrage de la Primature, et de clarifier définitivement le contrat de concession pour éviter de nouvelles paralysies. L'incapacité à résoudre ce conflit envoyait un signal désastreux sur la gouvernance économique du pays.
Face à la défiance d'un partenaire privé, l'État camerounais parviendra-t-il à rétablir son autorité et à sauver son principal port de l'asphyxie ?