Le gouvernement a approuvé la recommandation du High-Powered Committee, présidé par le secrétaire du Cabinet et chef de la Fonction publique, concernant le paiement d'une allocation dominicale (Sunday Allowance) aux officiers travaillant en équipe ou en rotation le dimanche.
Cette allocation sera rétablie à un taux équivalent à une journée de salaire, en plus de la rémunération normale, marquant une avancée après plusieurs mois de débats et de mobilisations syndicales. Cette décision concerne 40 577 agents répartis sur 337 grades et représente un coût annuel estimé à environ Rs 1 milliard. L'allocation sera versée en supplément du salaire habituel, offrant ainsi une compensation financière directe aux officiers concernés pour leurs services dominicaux.
Le Cabinet s'est appuyé sur les observations du Comité et du PRB, qui considère le dimanche comme un jour de travail normal pour les grades en équipe ou en rotation. Les articles 30(1) et 30(2) de la Workers' Rights Act distinguent les dimanches des jours fériés pour la rémunération.
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Le PRB avait toujours prévu une grille salariale plus élevée pour ces grades afin de compenser le travail dominical. Les services de nuit donnent également droit à une Night Duty Allowance. La décision adoptée par le précédent gouvernement en 2024, accordant un salaire normal plus deux jours supplémentaires, n'avait aucune base légale.
Pour autant, la réaction des syndicats reste prudente. Ashraf Buxoo, secrétaire du Government Services Employees Association, souligne : «Nous accueillons cette mesure avec un sentiment mi-figue mi-raisin. Le gouvernement a fait un premier pas, mais cela ne ramène pas la situation à ce qu'elle était auparavant. Il y a encore deux ou trois points litigieux et importants.»
Amarjeet Seetohul, président de la Ministry of Health Employees Union, ajoute : «Nous avons réussi à faire changer d'avis le gouvernement, qui avait initialement annoncé le retrait complet de la Sunday Allowance. Aujourd'hui, l'allocation sera appliquée différemment : un jour normal plus un jour supplémentaire. Pour les dimanches tombant un jour de congé public, l'ancienne formule de 2024 sera appliquée, soit un jour plus deux jours supplémentaires.» Pour les syndicats, cette décision constitue une victoire importante de la classe syndicale, fruit de la mobilisation et du dialogue. «Sans notre intervention, il n'y aurait rien eu», conclut Amarjeet Seetohul.
La CSEU conteste la base légale de la mesure
Le retour de la Sunday Allowance dans la fonction publique est salué, mais avec un goût d'inachevé, selon Devendranand Maunick, secrétaire de la Civil Service Employees Union (CSEU). Au-delà du montant, la CSEU dit avoir pris note des paragraphes 2A et 2B du compte-rendu du Cabinet Meeting. Le paragraphe 2A, souligne Devendranand Maunick, renvoie aux articles 30.1 et 30.2 de la Workers' Rights Act pour justifier l'augmentation. Mais, ces dispositions, insiste-t-il, «ne s'appliquent pas à un fonctionnaire». Pour lui, «cette base légale est donc inappropriée dans la fonction publique».
Sur le paragraphe 2B, il réclame des clarifications et comment mieux déterminer le salaire d'un shift worker en le comparant aux autres catégories. Le syndicaliste dénonce une logique à géométrie variable : on ferait valoir, d'un côté, que le salaire des shift workers inclut l'élément «night», puis, de l'autre, on voudrait ajouter l'élément «dimanche» pour le calcul d'une allocation.
«Nous ne trouvons pas cela normal», martèle-t-il. La CSEU demande donc au ministère de la Fonction publique une circulaire encadrant l'application de la Sunday Allowance, avec deux exigences : une date d'effet fixée au 1er janvier 2026 et une définition claire du «dimanche» pour les travailleurs en horaires décalés, incluant les services débutant la veille au soir, ceux couvrant minuit jusqu'à la fin du shift (7 à 8 heures), ainsi que les prises de poste du dimanche à 18 heures jusqu'à minuit.