Madagascar: Notation souveraine de Madagascar - Sortie de la « surveillance négative » avec une perspective stable

Madagascar enregistre un signal jugé favorable sur le front de la crédibilité financière. Au 23 janvier 2026, S&P Global Ratings a maintenu la note souveraine B- à long terme et B à court terme, tout en levant la « CreditWatch » négative qui pesait sur le pays depuis octobre 2025.

La perspective associée est désormais stable, une évolution suivie de près par les investisseurs, les bailleurs et les opérateurs économiques. Ce changement de statut ne signifie pas une hausse de la note, mais il marque la sortie d'un régime d'alerte.

La "CreditWatch" négative avait été déclenchée le 17 octobre 2025, dans un contexte de tensions politiques et d'incertitudes accrues sur la trajectoire macroéconomique. À l'époque, l'agence pointait le risque que l'instabilité pèse sur le rythme des réformes, la dynamique de croissance et l'accès aux financements extérieurs. S&P avait également révisé ses hypothèses, en ajustant à la baisse ses prévisions de croissance moyenne et en retenant un déficit budgétaire plus élevé sur 2025-2026.

Stabilisation

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Le retour à une perspective stable traduit, au contraire, un scénario central redevenu plus lisible. Les éléments mis en avant dans les commentaires relayés par la presse économique convergent vers deux idées.

D'une part, une stabilisation du climat politique et le maintien d'une continuité administrative ont permis de préserver le service de la dette. D'autre part, le maintien de l'appui des partenaires techniques et financiers, dont le FMI, la Banque mondiale et l'AFD, contribue à réduire le risque de financement à court terme dans un pays où l'équilibre externe demeure sensible.

Le site Trading Economics, qui compile les informations de marché et les notations souveraines, présente la même photographie au 23 janvier 2026 : Madagascar est à B- avec perspective stable, après la période de surveillance négative enregistrée à l'automne 2025.

Progrès

Ces dernières semaines, plusieurs signaux ont conforté la lecture d'une continuité de l'État et d'un pilotage plus resserré des priorités économiques, entre concertations nationales sur la relance et renforcement du dialogue avec les partenaires techniques et financiers.

Dans le même temps, l'accent mis sur la transparence et la redevabilité dans la commande publique, ainsi que sur le suivi des infrastructures, a nourri un discours de rigueur et de « tolérance zéro » face aux dérives.

Enfin, la montée en puissance des instruments de gestion des risques - qu'il s'agisse de la réponse aux aléas climatiques ou de l'accélération de projets structurants comme l'électrification rurale - contribue à sécuriser l'environnement de financement et à renforcer la confiance des bailleurs.

Baisse du risque pays

Pour les décideurs publics comme pour le secteur privé, l'enjeu dépasse la symbolique. La notation souveraine influence la perception du risque pays, donc les conditions auxquelles l'État et, par ricochet, l'économie peuvent accéder au financement.

La marge de manœuvre reste toutefois étroite. Une perspective stable ne ferme pas le débat sur les vulnérabilités structurelles : niveau de revenu, contraintes budgétaires, exposition aux chocs externes et climatiques.

La prochaine étape, pour transformer ce signal en dynamique durable, passera par une consolidation budgétaire crédible, une amélioration progressive de la position extérieure et une stabilité politique suffisamment robuste pour soutenir la croissance.

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