Ile Maurice: «Sunday Allowance» - Le «Firefighter Cadre» enflamme la polémique

La décision du Cabinet annoncée le 30 janvier concernant la restauration de la Sunday Allowance pour les officiers travaillant en shift ou en roster continue de faire des vagues. Dans une lettre adressée à la Government Services Employees Association (GSEA), le Firefighter Cadre conteste vigoureusement la portée réelle de cette mesure, qu'il qualifie de partielle, juridiquement discutable et socialement injuste.

Au coeur de la contestation : la communication officielle autour d'une supposée «restauration» de l'allocation. Selon le syndicat, cette présentation est trompeuse. La Sunday Allowance n'aurait pas été rétablie à son niveau antérieur, mais réduite à 50 % de ce qui était versé depuis janvier 2024. Une nuance de taille, estiment les représentants des travailleurs, qui induit l'opinion publique en erreur en laissant croire à un retour intégral des acquis.

Autre point de friction majeur : l'argument avancé selon lequel le dimanche aurait «toujours» été considéré comme un jour de travail normal par le Pay Research Bureau (PRB). Pour le Firefighter Cadre, cette justification est non seulement fragile, mais dangereuse. «La continuité historique ne peut servir d'excuse à une pratique injuste», souligne le syndicat, rappelant que Maurice a ratifié la Convention n°14 de l'Organisation internationale du Travail, qui reconnaît le dimanche comme jour de repos hebdomadaire protégé.

Cette position est également confortée par la législation nationale. La Public Holidays Act classe explicitement le dimanche parmi les jours fériés, renforçant son statut de jour protégé et contredisant toute tentative de le banaliser comme un jour ouvrable ordinaire.

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Lecture contestée de la «Workers' Rights Act»

La lettre syndicale pointe également du doigt l'interprétation faite des articles 30(1) et 30(2) de la Workers' Rights Act 2019 pour justifier une différence de traitement entre les dimanches et les jours fériés. Selon les signataires, ces dispositions ont été mal lues, voire instrumentalisées. L'expression «other than a Sunday» ne viserait pas à réduire la valeur du dimanche, mais à reconnaître son statut déjà distinct de jour de repos dans le droit du travail général.

De plus, ces articles s'appliqueraient avant tout au régime général de l'emploi et non spécifiquement aux travailleurs en shift ou en roster, dont les conditions exigent un cadre particulier. Baser une décision politique sur une telle interprétation serait, selon le syndicat, juridiquement hasardeux.

Le Firefighter Cadre balaie par ailleurs l'argument selon lequel l'allocation de nuit ou les grilles salariales plus élevées des travailleurs en shift compenseraient déjà le travail dominical. L'allocation de nuit, rappellent-ils, vise uniquement à compenser la perturbation du rythme biologique et de la vie familiale, et n'a aucun lien avec la perte d'un jour de repos hebdomadaire protégé.

Quant aux salaires, le syndicat dénonce une affirmation «sans preuve». Aucune méthodologie ni justification du PRB ne démontrerait que le travail du dimanche a été intégré dans les salaires de base. Requalifier rétroactivement ces salaires comme compensation du dimanche relèverait davantage, selon eux, d'un «artifice commode» que d'un principe de rémunération reconnu.

Enfin, la question financière est au centre des inquiétudes. Si le gouvernement invoque les coûts pour revoir le dispositif en place depuis janvier 2024, le syndicat rappelle qu'un droit acquis ne peut être supprimé au nom de considérations budgétaires.

Il déplore également une ingérence du Cabinet et du High-Powered Committee dans les prérogatives du PRB, instance pourtant compétente en matière de rémunération dans la fonction publique. Par ailleurs, le syndicat déplore qu'il n'y ait pas eu de consultations dans cette affaire qui est très importante.

Pour les représentants des travailleurs, il s'agit d'un signal envoyé à l'ensemble des employés du secteur public sur la protection - ou non - de leurs droits fondamentaux. Une affaire qui, à l'évidence, est loin d'être close.

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