Depuis quelques jours, un climat d'inquiétude s'est installé à Agaléga. En cause : la présence d'un navire à quai et des rumeurs persistantes faisant état de membres d'équipage souffrants.
Dans un contexte international marqué par la résurgence du virus Nipah en Inde, les habitants redoutent une possible introduction de la maladie sur l'île, où les infrastructures médicales restent limitées.
Sur place, l'angoisse est palpable. «Nous attendons d'avoir des renseignements clairs, mais ce sont surtout des rumeurs qui circulent en ce moment», confient plusieurs Agaléens. La crainte principale repose sur l'éventualité qu'une personne malade soit autorisée à débarquer, exposant ainsi la population locale à un risque sanitaire majeur. «On ne veut prendre aucun risque. On évite tout contact avec les étrangers et on espère surtout que les autorités nous diront exactement ce qu'il en est, sans rien nous cacher», soulignent des habitants, appelant à plus de transparence.
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Face à cette situation, le ministère de la Santé a déjà enclenché le protocole sanitaire en vigueur. Une équipe a été mobilisée pour recueillir des informations précises auprès de l'équipage du navire, notamment sur l'état de santé de ses membres et leurs lieux de transit avant l'arrivée à Agaléga. L'objectif est clair : prévenir toute éventuelle propagation et rassurer une population inquiète.
Sollicité, le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé, confirme être pleinement informé de la situation. «Un protocole a déjà été initié. J'ai discuté avec le directeur de l'Outer Islands Development Corporation et les procédures à suivre seront envoyées incessamment», précise-t-il.
Il rappelle que le virus Nipah est actuellement circonscrit à l'État du Bengale-Occidental en Inde et qu'il ne s'agit pas d'une épidémie généralisée à l'ensemble du pays. «Une personne susceptible d'être porteuse du virus serait nécessairement quelqu'un ayant voyagé dans cet État précis. De plus, la période d'incubation est de 21 jours», explique le médecin.
Dans l'éventualité où un cas suspect serait identifié à Agaléga, un mécanisme de communication rapide est prévu. Le médecin en poste sur l'île devra entrer en contact avec le Duty Manager de l'hôpital Dr A. G. Jeetoo, qui coordonnera ensuite avec les services de santé concernés à Maurice.
Des procédures similaires sont déjà appliquées sur le territoire mauricien, avec un suivi strict des personnes à risque. «Si quelqu'un provient du Bengale-Occidental, une surveillance médicale de 21 jours est automatiquement mise en place. L'hôpital de Souillac a d'ailleurs été désigné pour gérer ce type de cas», souligne le Dr Khodabocus.
Ce dernier tient toutefois à rassurer la population : «Il n'y a actuellement aucun cas de virus Nipah ni à Maurice, ni à bord de ce navire. Il est aussi important de rappeler qu'en cette période de l'année, avec les variations de température, de nombreuses personnes souffrent simplement de la grippe. Il se peut que certains membres de l'équipage présentent des symptômes grippaux, sans lien avec le Nipah. Il ne faut pas céder à la panique.»
Pour rappel, des cas récents de virus Nipah ont été confirmés en Inde, où une infirmière se trouve dans un état critique après avoir développé une encéphalopathie aiguë. Cette maladie, bien que rare, affiche un taux de mortalité élevé, variant entre 40 et 75 %, ce qui explique l'inquiétude suscitée à l'échelle internationale. À Agaléga, en attendant des informations officielles complètes, la vigilance reste de mise. Les habitants espèrent désormais que les autorités continueront à communiquer clairement afin d'apaiser les craintes et d'assurer la sécurité sanitaire de l'île.