Madagascar: Dossier - BIANCO renforce son alliance avec la société civile dans la lutte contre la corruption

Dans la continuité de la conférence qu'il a animée le vendredi 30 janvier à la Faculté de droit, d'économie, de gestion et de science politique de l'Université d'Antsiranana, le directeur général du Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO), Gaby Nestor Razakamanantsoa, a poursuivi sa mission de sensibilisation le lendemain en allant à la rencontre des acteurs de la société civile.

Une démarche qui confirme la volonté de l'institution de rapprocher la lutte contre la corruption des citoyens, là où les effets de ce fléau se font le plus durement ressentir. La rencontre s'est tenue au centre Botovasoa Place Kabary et a réuni une vingtaine de participants issus d'associations de jeunes, d'organisations de la société civile, de journalistes ainsi que de raiamandreny, ces sages garants des valeurs traditionnelles.

Dès 8 h 30, les échanges ont pris la forme d'un atelier participatif axé sur un mal devenu, selon l'expression désormais consacrée, un véritable « sport national » à Madagascar : la corruption.

L'objectif était clair et assumé : identifier ensemble les différentes formes de corruption qui gangrènent la société et réfléchir collectivement aux stratégies à mettre en œuvre pour y faire face de manière efficace et durable.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Les discussions, franches et sans détour, ont mis en lumière les multiples visages de la corruption qui affectent la ville d'Antsiranana, notamment au sein des services publics. Plusieurs intervenants ont fait part des difficultés rencontrées par les citoyens dans l'accès aux services administratifs, évoquant le manque de transparence dans les procédures, les lenteurs inexpliquées et certaines pratiques illicites qui continuent d'empoisonner le quotidien.

Des témoignages ont également révélé l'existence de comportements douteux dans des secteurs clés tels que l'administration publique, la gestion foncière ou encore d'autres domaines essentiels au développement local.

Proposition

Au cœur des échanges, les participants n'ont pas seulement dressé un constat. Ils ont surtout proposé des pistes de solutions concrètes, insistant sur la nécessité de renforcer la collaboration entre le BIANCO et les citoyens.

Sensibilisation accrue, formation des acteurs locaux, implication active des jeunes et des leaders communautaires figurent parmi les actions prioritaires évoquées. À l'issue de la rencontre, il a été annoncé qu'un plan d'action sera déployé dans les mois à venir afin de mieux informer la population sur les conséquences néfastes de la corruption et de promouvoir les valeurs d'éthique, d'intégrité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dans son allocution, le directeur général du BIANCO a tenu à rappeler le rôle central de la société civile dans cette lutte de longue haleine. « Vous êtes des acteurs de la lutte contre la corruption », a-t-il déclaré à l'endroit des participants, soulignant que l'engagement citoyen demeure un levier incontournable pour faire reculer ce fléau. Il a également abordé l'une des principales craintes qui freinent les dénonciations : la sécurité des lanceurs d'alerte. Sur ce point, les responsables du BIANCO ont tenu à rassurer l'assistance, affirmant que le secret des dénonciateurs sera strictement préservé et ne sera en aucun cas divulgué.

Cette initiative s'inscrit dans une dynamique nationale où la lutte contre la corruption figure parmi les priorités majeures de l'État malgache. Ces deux dernières années, des avancées notables ont été enregistrées.

La mise en place du pôle anti-corruption et de l'Agence de recouvrement des avoirs illicites témoigne d'une volonté affichée de s'attaquer aux racines du mal. Malgré les critiques de certains sceptiques, ces structures font feu de tout bois pour déraciner les mauvaises herbes qui étouffent l'État de droit.

Il faut le dire sans détour. Les femmes et les hommes engagés dans ces institutions travaillent jour et nuit pour faire prévaloir la justice. Le message est clair et sans ambiguïté : personne n'est au-dessus de la loi. Les efforts accomplis méritent d'être reconnus, valorisés et médiatisés afin que les compatriotes soient pleinement informés des actions menées en leur nom.

Les participants ont unanimement salué l'initiative du BIANCO. La journaliste d'investigation Harynah Ramanantsoa a partagé son ressenti à l'issue de la rencontre : « Ce qui m'a marquée aujourd'hui, ce sont des jeunes qui osent dire non à la corruption et des olo-be qui transmettent leur expérience pour lutter contre ce fléau. La population, plongée dans ses soucis quotidiens, voit et subit ces pratiques néfastes, mais préfère souvent se taire en pensant que cela ne la concerne pas directement. Ce genre d'échange nous a permis d'ouvrir les yeux. Je suis consciente que ce combat est un travail de longue haleine, mais ensemble, nous parviendrons à vaincre la corruption. »

À travers cette rencontre, le BIANCO réaffirme ainsi sa détermination à impliquer activement la société civile dans la lutte contre la corruption, érigée en cause d'intérêt national. Une mobilisation collective, patiente et résolue, qui se veut porteuse d'espoir pour la construction d'un avenir plus juste, plus équitable et plus transparent à Madagascar.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.