Alors qu'il devait être diplômé en juin de l'académie de police de La Nouvelle-Orléans, Larry Temah, 46 ans, a été arrêté par les agents de l'ICE fin janvier.
Cette intervention met en lumière une faille vertigineuse dans les procédures de recrutement des forces de l'ordre et intervient dans un contexte politique national tendu.
L'enfer d'un parcours migratoire
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Arrivé légalement du Cameroun en 2015, Larry Temah obtient un statut conditionnel après son mariage avec une citoyenne américaine et entame une demande de carte verte. En 2022, son divorce entraîne le rejet de sa demande. L'ICE affirme qu'une ordonnance d'expulsion a été prononcée à son encontre après qu'il a manqué à plusieurs convocations en tribunal. Pourtant, le NOPD l'embauche le 28 septembre 2025.
Le fossé entre deux administrations
La police de La Nouvelle-Orléans se dit « prise au dépourvu ». La cheffe du NOPD, Anne Kirkpatrick, assure que le service a pourtant fait preuve de « diligence raisonnable » : vérification du permis de conduire, du numéro de sécurité sociale, et passage par le système fédéral E-Verify. L'agence fédérale soutient quant à elle que la décision d'expulsion est intervenue après son embauche. Un désaccord qui révèle l'absence criante de communication et de synchronisation des bases de données entre les échelons locaux et fédéraux.
Un contexte explosif
Cette affaire individuelle s'inscrit dans une opération d'envergure nationale. Depuis décembre, environ 250 agents fédéraux mènent l'« Opération Catahoula Crunch » à La Nouvelle-Orléans, une ville dirigée par des Démocrates. Les arrestations de masse, ciblant jusqu'à 5000 personnes, plongent la communauté immigrée dans la terreur et provoquent la fermeture de commerces. Une tension qui soulève une question fondamentale : à qui profite le crime lorsque la main gauche de l'État ignore ce que fait la main droite ?