Une concertation sur « la plateforme de financement » et « le compact eau » regroupant les différents acteurs et les partenaires techniques et financiers s'est déroulée à Abidjan.
À quelques mois de la table ronde des bailleurs prévue en juin 2026, le gouvernement a lancé un appel solennel à la mobilisation de 4 000 milliards de FCFA pour accélérer le financement de l'Objectif de Développement Durable n°6 (Odd 6), consacré à l'eau potable et à l'assainissement. Cet appel a été formulé à l'occasion d'un atelier de présentation de la plateforme des bailleurs de fonds, tenu le mardi 3 février 2026 à Abidjan, réunissant partenaires techniques et financiers, institutions publiques et acteurs du secteur privé.
La rencontre stratégique a enregistré la participation de la Bad, de l'Afd, de la Bid, de l'Aiid, de la Bei, de la Berd, de la Boad, du Fida, de l'Unicef et de l'Oim, aux côtés d'opérateurs et structures clés tels que Sodeci, Eranove, Suez, Meridiam, le Cepici et l'Apbf-CI. L'objectif est clair : financer le Programme d'Appui à la Sécurité de l'Eau et de l'Assainissement (Pasea) et consolider la plateforme de financement de l'État à l'horizon 2050, dans une logique de résultats durables.
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Au nom du ministre des Eaux et Forêts, Zouzou Epse Mailly Elvire Joëlle, Directrice de Cabinet, a dressé un diagnostic sans détour. « Une baisse de 10 % des pluies peut entraîner jusqu'à 30 % de réduction des écoulements de surface dans certains bassins », a-t-elle alerté, pointant les effets combinés du changement climatique, de la pollution et de l'orpaillage illégal.
Elle a rappelé les réformes structurelles engagées, notamment l'adoption du Code de l'Eau et la création du Comité de lutte contre la pollution des eaux, avant de lancer un appel appuyé aux partenaires. « Notre engagement collectif permettra d'inverser les tendances actuelles et de garantir un développement durable et h armonieux », a-t-elle souligné, invitant les bailleurs à participer activement à la prochaine table ronde.
Représentant le ministre de l'Assainissement et de la Salubrité, Gildas Simy, Directeur de Cabinet, a rassuré les partenaires sur la détermination de l'exécutif. « Le ministre Amédée Kouakou s'inscrit dans la continuité des actions engagées et mettra tout en oeuvre pour lever les obstacles afin de garantir des résultats concrets et durables », a-t-il affirmé, saluant l'appui constant des partenaires techniques et financiers.
Pour Renaud Seligmann, Directeur des opérations du Pôle Planète du Groupe de la Banque mondiale, la sécurité hydrique est un enjeu central de développement. « D'ici 2030, notre ambition est d'améliorer la sécurité hydrique de 400 millions de personnes, afin qu'elles ne dépendent plus du transport manuel de l'eau », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la mise en place de pactes nationaux sur l'eau, articulés autour de trois piliers l'eau pour les populations, l'eau pour la nourriture et l'eau pour la planète et sur la nécessité d'une coalition forte entre États, partenaires et secteur privé.
L'atelier a été enrichi par la présentation de la stratégie nationale Odd 6 par Djramado Yao Paul, Directeur général de l'Hydraulique et de l'Assainissement, du Pasea par son coordonnateur Krou Jean-Fernand, et de l'initiative « Compact Eau » par Fatouma Touré Ibrahima de la Banque mondiale. Autant d'échanges qui posent les bases d'une mobilisation financière d'envergure pour faire de la sécurité hydrique une réalité durable en Côte d'Ivoire.