Guinée: La nomination du nouveau ministre de la Justice interroge

Mamadi Doumbouya, le président de la transition de Guinée.

En Guinée, le président Mamadi Doumbouya forme son gouvernement au compte-goutte. Dans ce premier gouvernement depuis son élection à la présidence, nombre de personnalités qui l'ont soutenu durant la campagne électorale restent à leur poste, comme le Premier ministre Bah Oury. Mais une nomination fait beaucoup parler : celle d'Ibrahima Sory II Tounkara au ministère de la Justice et des Droits de l'homme.

Ce juge est connu et respecté en Guinée, c'est lui qui a instruit et dirigé le procès du massacre 28 septembre 2009. Il a pris ses fonctions ce mercredi 4 février 2026 et la société civile attend déjà beaucoup de lui.

Lunettes de vue noire et sobre boubou blanc : lors d'un point presse au ministère, le nouveau ministre guinéen de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara s'est exprimé pendant près de dix minutes ce mercredi 4 février 2026. Le garde des Sceaux prône une justice indépendante.

« Sachant que la justice guinéenne, à tort ou a raison, est, nous le savons tous, décriée et cataloguée: il nous revient d'inverser cette tendance, dans le but de l'instauration d'une véritable justice respectueuse des Droits de l'homme », a-t-il déclaré.

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Le ministre de la Justice a présenté un plan en plusieurs points, insistant sur la « protection effective des libertés fondamentales », l'« accès équitable à la justice » et la « prévention des violations des droits de l'Homme ».

Des attentes importantes, dans un « contexe de répression »

Au sein de la société civile, Ibrahima Sory II Tounkara est une personnalité respectée. Mais à la suite de nombreuses arrestations et disparitions depuis la prise du pouvoir de Mamadi Doumbouya, les attentes sont grandes.

« Dans un contexte de répression entretenu par la junte, j'espère le juger sur le courage à faire face aux crimes commis en Guinée depuis l'arrivée de la junte au pouvoir, indique Ibrahima Diallo, responsable du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Au-delà du FNDC, l'opinion saura bien le juger. »

L'opposition politique? qui dénonce aussi des arrestations arbitraires dans ses rangs, n'a pas, pour le moment, commenté la nomination d'Ibrahima Sory II Tounkara au ministère de la Justice.

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