Afrique de l'Ouest: Le Nigeria affirme que des soldats ont fomenté un coup d'État, ce qui suscite de nouvelles craintes dans la région

4 Février 2026

Le Nigeria a reconnu pour la première fois qu'un groupe de soldats avait comploté pour renverser le président Bola Tinubu, un aveu qui souligne les inquiétudes renouvelées concernant l'intervention militaire dans la politique civile en Afrique de l'Ouest.

Le plan, découvert en octobre, aurait mis fin à près de 30 ans de gouvernement civil ininterrompu dans la plus grande démocratie d'Afrique. Les autorités ont déclaré que le complot avait été arrêté avant qu'il n'atteigne un stade avancé. Au moins 16 officiers, dont un général de brigade et un colonel, ont été arrêtés et devraient comparaître devant un tribunal militaire.

Un rapport interne a qualifié la menace de "claire et immédiate", avertissant que l'inaction aurait pu avoir de graves conséquences pour la stabilité nationale. Les autorités n'ont pas révélé à quel point les comploteurs s'étaient rapprochés des principales cibles politiques.

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Cette tentative de coup d'État intervient dans un contexte de résurgence des prises de pouvoir militaires dans la région. Ces dernières années, des soldats ont pris le pouvoir dans plusieurs États d'Afrique de l'Ouest, annulant des décennies d'avancées démocratiques. Depuis que le complot nigérian a été déjoué, il y a eu une tentative de prise de pouvoir au Bénin et une prise de pouvoir réussie en Guinée-Bissau.

Alors que l'affaire nigériane aurait été motivée par des griefs internes au sein des forces armées, sa simple existence a suscité l'inquiétude dans un pays considéré comme un point d'ancrage régional.

Points clés à retenir

L'admission du Nigeria est importante non pas parce que le coup d'État a réussi, mais parce qu'il a été tenté. Pendant des décennies, le Nigeria a été considéré comme largement à l'abri de la vague de prises de pouvoir militaires qui a touché certaines parties de l'Afrique occidentale et centrale.

Cette hypothèse semble aujourd'hui plus fragile. Dans toute la région, des pressions similaires s'exercent. Des élections contestées, des changements constitutionnels qui renforcent les titulaires, une prestation de services médiocre et des opportunités économiques limitées ont érodé la confiance dans le pouvoir civil. Dans le même temps, le taux élevé de chômage des jeunes a créé un réservoir de frustration qui peut être exploité par des officiers ambitieux.

Ce schéma fait écho aux décennies précédentes, lorsque les coups d'État étaient justifiés par des allégations de corruption et de mauvaise gestion. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est l'absence de sanctions régionales cohérentes. Les juntes récentes ont fait l'objet de sanctions, mais nombre d'entre elles ont consolidé leur pouvoir avec un coût limité à long terme.

Pour le Nigeria, cet épisode rappelle que la stabilité démocratique ne peut être considérée comme acquise. Pour l'Afrique de l'Ouest, il indique que la "ceinture des coups d'État" de la région pourrait encore s'étendre, et que même l'État le plus grand et le plus influent de la région n'est plus à l'abri.

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