Sénégal: Justice internationale - Le rôle avant-gardiste du pays souligné

Dakar — La justice sénégalaise a toujours été à l'avant-garde de la lutte contre les crimes internationaux, a affirmé, mardi, le directeur des Affaires criminelles et des Grâces, Yakham Lèye, faisant valoir que le Sénégal a été le premier pays à ratifier le traité de Rome sur la Cour pénale internationale.

"La justice sénégalaise a toujours joué un rôle de premier plan dans le cadre de la lutte contre les crimes internationaux, et j'en veux pour preuve le fait que le Sénégal est le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome. Aujourd'hui aussi, le Sénégal est représenté au plus haut niveau de la Cour pénale internationale", a-t-il déclaré. Il a aussi donné l'exemple du procès de l'ancien président Hissène Habré, rappelant que "les crimes qui ont eu lieu au Tchad ont été jugés au Sénégal dans le cadre des Chambres africaines extraordinaires". "Tout cela montre que le Sénégal a toujours été à l'avant-garde de la lutte contre les crimes internationaux", a t-il dit.

Yakham Lèye présidait la cérémonie d'ouverture du séminaire destiné à la création d'un Réseau régional d'enquête et de poursuite des génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Afrique de l'Ouest, mis en œuvre par le Centre de formation judiciaire, avec l'appui de l'Agence de l'Union européenne pour la coopération judiciaire (EUROJUST). Cette rencontre hautement stratégique a réuni des autorités judiciaires, des experts nationaux et internationaux ainsi que des partenaires institutionnels impliqués dans la lutte contre l'impunité, issus du Sénégal, de la Guinée et de la Gambie.

Elle vise à renforcer la coopération judiciaire entre les Etats, favoriser le partage d'expériences et à consolider les mécanismes de poursuites des crimes internationaux les plus graves. Les crimes internationaux, a expliqué le magistrat Yakham Lèye, sont "des crimes qui présentent des éléments d'extranéité", c'est-à-dire des crimes commis à travers plusieurs Etats et qui font intervenir des criminels disséminés à travers ces pays.

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Selon lui, la mise en place de ce réseau offre un cadre structuré de concertation, de partage d'expériences, de coordination des actions judiciaires et de mutualisation des expertises, tout en plaçant la protection des victimes au cœur des priorités. Yakham Lèye a estimé que, souvent, dans ce type de procédures, les victimes sont exposées à "des risques multiples de représailles, de stigmatisation et de traumatismes psychologiques durables".

Sensibilisant sur le renforcement de la sécurité de ces derniers, le magistrat a rappelé que "la justice pénale internationale ne saurait être pleinement accomplie si elle se limite à sanctionner les coupables sans répondre aux attentes légitimes de celles et ceux qui ont subi les crimes".

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