Après les frappes aériennes, sous prétexte de lutter contre les djihadistes pour protéger les chrétiens fin décembre dernier, les Etats-Unis et le Nigeria ont décidé d'une collaboration accrue qui doit conduire à la participation d'une équipe militaire américaine sur le terrain. Celle-ci apportera des compétences uniques afin de renforcer les efforts déployés par le Nigeria depuis plusieurs années, notamment contre Boko Haram.
On ignore de combien de soldats il s'agit, ni ce qu'ils feront sur place. Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'en janvier, Washington avait, dans ce sens, déjà livré du matériel militaire à Abuja. Si c'est pour aider le Nigeria en matière de formation et de renseignements, c'est tant mieux. Mais si ce sont des troupes qui vont intervenir sur le sol, le risque de s'embourber est bien grand. On a beau vanter la puissance de l'armée américaine, n'oublions cependant pas que Boko Haram est dans son biotope.
Alors, la situation doit inciter à la plus grande des prudences, le risque de s'enliser étant grand. Pas besoin de remonter à Mathusalem pour s'en convaincre. Passe encore le bourbier dans lequel s'est englué l'Oncle Sam au Vietnam et en Afghanistan. L'expérience, qu'on peut qualifier de récente et de malheureuse, en Somalie doit interpeller..
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Est encore fraîche dans la mémoire américaine l'humiliation suite à la bataille de Mogadiscio, qui s'est déroulée début octobre 1993 entre un détachement interarmées américain appelé Task Force Ranger et les milices de différents clans somaliens, lors de la tentative d'arrestation de deux proches d'un chef de guerre somalien.
Les somaliens abattirent trois hélicoptères américains Black Hawk à l'aide de lance-roquettes RPG-7, deux s'écrasèrent en zone hostile, entraînant la capture d'un pilote. Cet événement ainsi que la diffusion d'images de rangers traînés dans les rues choquèrent profondément l'opinion publique américaine.
Ainsi, quelle que soit sa puissance, du moment que ce sont des missiles qu'on lance depuis le ciel ou les mers, ça va encore. Une fois que c'est le face-to-face qui prévaut en pareilles circonstances, c'est bonjour les dégâts, surtout face à un ennemi rompu à la guerre asymétrique. On espère donc que le shérif Trump a bien pesé le pour et le contre avant de se jeter dans cette aventure qui peut se révéler bien périlleuse.
Mais qu'on ne s'y trompe pas : on aimerait bien que le Rambo d'outre-Atlantique arrive à exterminer tous les terroristes qui écument le pays de Fela et qu'il se tourne enfin vers nous pour nous aider à faire le même ménage sous nos cieux. Bien sûr, à travers un partenariat gagnant-gagnant.