L'édition 2026 du Directory of Agro-Industry dresse un panorama actualisé des enjeux majeurs guettant le secteur agricole. Tout en mettant en lumière leurs dynamiques, défis et perspectives, elle propose un répertoire complet et structuré des entreprises opérant dans l'agriculture et l'agro-industrie. Un outil essentiel d'information et de mise en relation pour les acteurs du secteur à découvrir et adopter dès maintenant.
Pilier historique de l'économie mauricienne, l'agriculture reste un secteur méconnu et le moins attractif auprès du grand public, encore trop souvent associé à des images dépassées. Vieillissement de la main-d'oeuvre, manque de travailleurs, enjeux de souveraineté alimentaire, transition technologique et pressions climatiques... les transformations en cours sont profondes et les défis, pressants.
Face à cette réalité, Jacqueline Sauzier, Secrétaire générale de la Chambre d'Agriculture de Maurice, appelle à un changement de regard et d'orientation. «Au-delà de la nécessité d'attirer les jeunes pour remplacer les acteurs partant à la retraite ou pour remplir les postes vacants, le manque cruel de main-d'oeuvre locale pousse les acteurs à se tourner vers les travailleurs étrangers pour la productivité nationale.»
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À l'occasion des Assises de l'Agriculture, tenues les 27 et 28 janvier 2026, Arvin Boolell, ministre de l'Agroindustrie, de la Sécurité alimentaire, de l'Économie bleue et de la Pêche, a d'ailleurs lancé un appel appuyé à la jeunesse pour qu'elle s'engage davantage dans le secteur agricole. Soulignant l'urgence de moderniser ce domaine stratégique, il a rappelé que Maurice dispose d'un potentiel foncier agricole considérable, tout en faisant face à un déficit croissant de main-d'oeuvre.
Dans ce contexte, le ministre a annoncé l'arrivée, dès le mois de mars, d'un premier contingent de 1000 travailleurs étrangers, s'inscrivant dans un objectif global de recrutement de 2500 travailleurs. Arvin Boolell a également indiqué que le cadre juridique serait prochainement actualisé, de concert avec l'instauration d'un ordre de rémunération polyvalent afin de permettre aux travailleurs étrangers d'opérer aussi bien dans les secteurs sucrier que non sucrier.
D'un autre côté, le secteur agricole à Maurice est confronté à une convergence de défis structurels, environnementaux et économiques qui menacent de plus en plus la sécurité alimentaire nationale et la durabilité de l'agriculture.
La forte dépendance aux importations alimentaires expose le pays à la volatilité des prix mondiaux, aux perturbations des chaînes d'approvisionnement et aux fluctuations monétaires, tandis que la production locale demeure limitée par la rareté des terres agricoles, la hausse des coûts des intrants, la pénurie de main-d'oeuvre et des niveaux de productivité inégaux.
Ces contraintes sont aggravées par la variabilité climatique, marquée par une fréquence accrue des sécheresses, des inondations et des événements météorologiques extrêmes, qui affectent les rendements, les calendriers culturaux et les moyens de subsistance des agriculteurs.
Malgré l'existence d'institutions établies de longue date, de mécanismes d'appui et d'une expertise technique reconnue, le secteur demeure pénalisé par une planification fragmentée, une intégration limitée des données et une coordination insuffisante tout au long de la chaîne, de la production à la mise en marché.
L'alignement inadéquat entre les niveaux de production et les besoins de consommation se traduit par des excédents saisonniers, des pénuries et une instabilité des revenus, tandis que les pertes post-récolte, les capacités de transformation insuffisantes et le développement encore limité des chaînes de valeur réduisent l'efficacité globale et la résilience du système.
Bâtir la résilience alimentaire
D'un autre côté, les défis liés à la sécurité alimentaire sont complexes et multifacettes, nécessitant une transformation en profondeur du secteur agricole. En optimisant les ressources, en adoptant des technologies modernes et en mettant en œuvre des politiques stratégiques, le pays peut renforcer sa capacité de production alimentaire et réduire sa dépendance aux importations.
L'objectif doit être de créer un système alimentaire résilient, durable et inclusif, capable de s'adapter aux évolutions environnementales et économiques. Les décideurs politiques, les agriculteurs, les chercheurs, le secteur privé et les consommateurs doivent travailler main dans la main pour mettre en oeuvre les stratégies recommandées, garantissant ainsi un futur alimentaire sûr et durable pour l'ensemble des Mauriciens.
Les conglomérats ont répondu à l'appel en s'engageant activement pour renforcer la sécurité alimentaire du pays. Des projets ambitieux, allant de la culture sous serre à la diversification des filières agricoles, témoignent d'un véritable tournant vers une autosuffisance alimentaire crédible et structurée.
Ces initiatives mettent en lumière l'importance d'une approche coordonnée et innovante, combinant modernisation des techniques, valorisation des ressources locales et engagement des acteurs privés, pour assurer un approvisionnement durable et résilient face aux défis économiques et climatiques.