Un investissement de 220 milliards de francs CFA, mobilisé dans le cadre du Senegal Power Compact, vise à doubler la capacité de transit du réseau et à sécuriser durablement l'approvisionnement électrique de la capitale sénégalaise.
La capitale sénégalaise franchit une étape importante dans la modernisation de son système énergétique. Quatre postes de transformation électrique de haute tension de la Senelec, entièrement modernisés dans le cadre du programme Senegal Power Compact, ont été présentés à la presse lors d'une visite organisée ce mardi 4 février. Ces nouvelles infrastructures ambitionnent de réduire significativement les délestages qui affectent de nombreux quartiers de Dakar et de sa périphérie.
Réalisés dans le cadre du Senegal Power Compact, un programme de coopération entre le Sénégal et les États-Unis, les travaux représentent un investissement global de 220 milliards de francs CFA. Les chantiers, menés sur plus de deux ans par l'entreprise Eiffage Énergie Systèmes, ont permis la mise en service d'équipements de dernière génération, conformes aux standards internationaux en matière de performance et de sécurité.
Diass et Hann : une capacité de transit doublée
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Situé à proximité de l'aéroport international Blaise Diagne, le poste de Diass a vu sa capacité de transit doublée grâce à l'installation de deux transformateurs de 80 MVA, en remplacement des anciens équipements de 40 MVA. Cette modernisation doit garantir une alimentation électrique stable pour les infrastructures aéroportuaires, les localités environnantes telles que Yenne et Popenguine, ainsi que pour des unités industrielles fortement consommatrices d'énergie, notamment l'usine Kirène.
Même montée en puissance pour le poste de Hann, désormais équipé d'un transformateur supplémentaire de 80 MVA et d'un tableau électrique moderne comprenant 21 cellules. Cette infrastructure stratégique alimente plusieurs zones densément peuplées, dont Sacré-Coeur, HLM Patte d'Oie, Pikine, Ouakam et le Front de Terre.
Yoff et Kounoune : renforcer l'interconnexion nationale
Le poste de Yoff, qui dessert l'aéroport Léopold Sédar Senghor, a également bénéficié d'un doublement de capacité. Un investissement jugé crucial, cette zone concentrant près de 60 % de la demande nationale en électricité et abritant une part importante du tissu des petites et moyennes entreprises.
Quant au poste de Kounoune, point névralgique du réseau haute tension 225 kV, il a été étendu par la création de deux nouveaux départs. Cette extension vise à améliorer l'interconnexion entre Dakar et les autres régions du pays, notamment grâce à la liaison souterraine vers Cap des Biches.
Un pari stratégique sur l'avenir énergétique
Selon les responsables du projet, ces nouvelles installations ont été conçues pour répondre aux besoins énergétiques de la prochaine décennie, en anticipant la croissance continue de la demande. Elles visent prioritairement à sécuriser l'alimentation des zones sensibles, notamment les plateformes aéroportuaires, les pôles industriels et les quartiers urbains à forte densité.
Pour les autorités sénégalaises, ce projet constitue un levier majeur d'attractivité économique et d'industrialisation. Du côté américain, la Millennium Challenge Corporation (MCC) assume également une dimension géostratégique, ces investissements s'inscrivant dans une volonté de renforcer l'influence économique des États-Unis en Afrique de l'Ouest. Reste désormais à évaluer l'impact concret de ces nouvelles infrastructures sur le quotidien des usagers, longtemps éprouvés par des coupures d'électricité récurrentes.