Kimberley Le Court-Pienaar lance sa saison 2026 à l'UAE Tour Women avec ambition et lucidité. Une course qui lui avait bien réussi l'an dernier car elle avait pris la 3e place au classement général final. Après une année 2025 marquée par une victoire sur Liège-Bastogne-Liège et un Tour de France Femmes révélateur, la coureuse d'AG Insurance-Soudal aborde ce premier rendez-vous comme un repère plus que comme une finalité. Gestion de la forme, objectifs de printemps, ambitions sur les grands Tours et attachement au maillot mauricien : entretien avec une leader en construction.
Avez-vous bien récupéré et sentez-vous prête à entamer une nouvelle saison ?
La saison dernière a été longue et intense, donc la priorité a été de bien me réinitialiser, à la fois physiquement et mentalement. L'intersaison a d'abord été consacrée à la récupération, puis à une reconstruction progressive. Je me sens en bonne santé, motivée et prête à courir de nouveau -- sans précipitation, simplement dans de bonnes conditions pour démarrer la saison.
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Comme l'an dernier, vous débutez avec l'UAE Tour Women. Vous aviez dit avant le départ que c'était un tremplin pour les objectifs qui allaient suivre mais vous aviez terminé sur le podium final. Peuton s'attendre à un résultat similaire cette année ?
L'UAE Tour est un très bon point de repère en début de saison, et c'est pour cela que j'aime commencer là-bas. L'an dernier a dépassé les attentes, et j'en suis fière, mais l'approche reste la même cette année. Il s'agit de poser une base solide et de voir où j'en suis. Si le résultat est au rendez-vous, tant mieux. Mais la priorité reste la construction en vue des objectifs plus importants plus tard dans la saison.
Comment va s'articuler la suite de votre saison ? Estce qu'il y a des courses que vous avez cochées ? Est-ce que, par exemple, des courses comme Strade Bianche (7 mars) ou Paris-Roubaix (12 avril), vous intéressent ?
Ma saison est construite par blocs plutôt que dans l'idée de tout courir. Les classiques de printemps et les Ardennaises sont un axe majeur. Des courses comme Strade Bianche m'attirent clairement, tandis que d'autres dépendront de l'évolution de la saison et de ma forme. L'essentiel est de rester régulière et d'atteindre mon pic de forme aux bons moments.
Quand on gagne un Monument comme Liège - Bastogne - Liège, on a certainement envie de le remporter à nouveau. Est-ce le sentiment qui vous anime ?
Gagner un Monument comme Liège change la manière dont les autres vous regardent, mais aussi la manière dont on se regarde soimême. Bien sûr, cela apporte de la motivation, mais aussi beaucoup de perspective. Je sais à quel point il est difficile de gagner une course comme celle-là, donc l'objectif n'est pas l'obsession, mais la préparation. Je veux arriver prête à nouveau et voir ce qui sera possible.
Vous avez été désignée, on le sait, comme une coureuse de classement général par votre équipe, AG InsuranceSoudal. Savez-vous sur quels grands Tours vous serez alignée en tant que leader cette saison ?
Nous sommes encore en train de finaliser les détails avec l'équipe, mais le rôle pour le classement général est clairement quelque chose que nous construisons. C'est un processus : apprendre, gagner en expérience et choisir les bonnes opportunités plutôt que de forcer les choses. L'objectif est de continuer à progresser dans cette direction de manière durable.
L'année dernière, vous avez réalisé l'exploit de remporter une étape et de porter le maillot jaune sur le Tour de France Femmes. Êtesvous prête à effectuer une préparation spécifique en haute montagne pour faire encore mieux cette année si vous vous alignez ?
L'an dernier a été une étape très importante et a montré ce qui est possible. Si je prends le départ à nouveau, la préparation évoluera naturellement, avec notamment davantage de travail en haute montagne. Cela dit, il s'agit toujours de développement : apprendre comment mon corps réagit et grandir progressivement dans ce rôle, plutôt que de vouloir aller trop vite.
Le public mauricien apprécie beaucoup de vous voir porter le maillot de la sélection nationale comme vous le savez. Est-ce qu'il aura l'opportunité de vous voir défendre le quadricolore aux Championnats d'Afrique cette année ?
Courir sous les couleurs mauriciennes a toujours une signification particulière pour moi. C'est quelque chose dont je suis très fière, et si le calendrier et les engagements le permettent, c'est clairement quelque chose que j'aimerais refaire. Représenter mon pays reste très important à mes yeux.
Enfin, les Championnats du monde au Canada en fin de saison figurent-ils en bonne place dans votre agenda ? Et viser une médaille fait-il partie de vos ambitions ?
Les Championnats du monde sont clairement dans un coin de ma tête. C'est une course sur laquelle chaque coureuse souhaite être performante. Une médaille reste un rêve, bien sûr, mais la priorité est d'abord de me mettre dans les meilleures conditions pour rivaliser. La saison est longue, et l'objectif est de construire intelligemment jusqu'à la fin de l'année.