Le Président de la République, Alassane Ouattara, a présidé, le mercredi 4 février 2026, au Palais présidentiel, le deuxième Conseil des ministres du gouvernement mis en place le 23 janvier. Comme, il est de coutume depuis 2011, des dossiers majeurs touchant à la planification du développement et la transformation numérique ainsi qu'au renforcement du secteur énergétique, piliers essentiels de la stratégie de croissance de la Côte d'Ivoire, étaient sur la table.
Au total, treize points figuraient à l'ordre du jour, notamment 11 mesures générales, essentiellement des projets de décrets et 2 communications, a précisé le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, lors de son point de presse tenu à la salle de conférences de l'esplanade.
L'un des temps forts a été la communication sur le nouveau Plan nationale de développement (Pnd). Au titre du ministère du Plan et du Développement, une communication relative au Pnd 2026-2030, document de référence qui définira les grandes orientations économiques et sociales du pays au cours des cinq prochaines années, a été entendue et puis adoptée.
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Son élaboration s'est inscrite dans une démarche de concertation élargie, associant étroitement le secteur privé, les organisations de la société civile et l'ensemble des parties prenantes du développement. Cette approche participative, devenue une marque de fabrique de la planification ivoirienne, a permis de consolider les choix stratégiques et de mieux arrimer le plan aux réalités économiques, sociales et territoriales du pays.
Les priorités retenues portent notamment sur le renforcement de la gouvernance, la transformation structurelle de l'économie, la valorisation du capital humain, l'innovation technologique et la promotion du secteur privé comme moteur de la croissance. Le Pnd 2026-2030 entend également apporter des réponses durables aux défis contemporains. Entre autres, le changement climatique, les inégalités régionales persistantes et les incertitudes liées au contexte géopolitique international.
Sur le plan opérationnel, le Pnd 2026-2030 repose sur une matrice de réformes majeures couvrant 22 domaines stratégiques, un portefeuille cohérent de projets structurants dans l'ensemble des secteurs de l'économie ainsi qu'un cadre de suivi-évaluation renforcé, destiné à améliorer l'efficacité de l'action publique et le pilotage de la performance des politiques sectorielles.
Dans sa philosophie globale, ce nouveau plan de développement prend en compte les aspirations profondes de la jeunesse ivoirienne, notamment en matière d'emploi, de formation et d'inclusion sociale. Il vise à concilier croissance économique soutenue et développement durable, avec pour ambition de bâtir une Côte d'Ivoire solidaire, compétitive et résiliente, appelée à intégrer le groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l'horizon 2030.
Sur le plan macroéconomique, le Pnd 2026-2030 projette une croissance moyenne de 7,2 %. Le taux d'investissement devrait connaître une progression significative, passant de 25,4 % du Pib en 2026 à 34,5 % du Pib en 2030. Le volume global des investissements est estimé à 114 838,5 milliards de Fcfa, avec une contribution prépondérante du secteur privé (70,2 %), contre 29,8 % pour le secteur public.
Les besoins globaux de financement public du plan sont évalués à 38 milliards de Fcfa. Ces ressources seront mobilisées sur les marchés financiers au cours de la mise en œuvre du Pnd, dans un souci de soutenabilité budgétaire et de diversification des sources de financement.
Au titre du ministère d'État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le conseil a adopté un décret portant ratification d'un accord de financement de 128,6 millions d'euros, soit 84,36 milliards de Fcfa, conclu le 17 octobre 2025 avec l'Association internationale de développement (Ida).
Cet accord porte sur le Projet d'accélération digitale en Côte d'Ivoire (Padci) mis en œuvre dans le cadre d'une approche programmatique multi-phase. Il vise à renforcer l'accès inclusif et résilient à l'internet à haut débit et aux services numériques, en particulier dans les secteurs sociaux prioritaires.
Le Padci prévoit la mise en place d'agences numériques, l'élaboration de cadres de gouvernance de l'Intelligence artificielle (Ia) ainsi que le développement des compétences numériques avancées et intermédiaires, avec une attention particulière accordée aux jeunes et aux femmes.
À terme, il permettra d'accélérer la numérisation des services publics, d'étendre la connectivité à haut débit aux structures publiques (établissements scolaires et universitaires, centres de santé, mairies, tribunaux, bureaux de poste, directions régionales) et d'améliorer l'accès des populations vulnérables aux services publics numériques.
Au titre du ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, le conseil a adopté 2 décrets relatifs à la Convention énergie n°73 concernant la centrale thermique de 372 mégawatts à cycle combiné de Songon, dans le District autonome d'Abidjan.
Le premier décret modifie l'article premier du décret du 30 septembre 2020 portant approbation de la convention de concession, tandis que le second approuve les avenants n°1 et n°2 de ladite convention. Signée en décembre 2013, la Convention énergie n°73 s'inscrit dans la politique nationale de promotion des investissements privés dans le secteur de l'électricité. Cela, afin de renforcer la capacité de production et la sécurité énergétique du pays.
Les décrets adoptés visent à garantir une exécution efficace et optimale de cette convention, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, et à accompagner la croissance économique soutenue attendue au cours des prochaines années.