Le climat politique est délétère à Mbandaka. Un collectif de citoyens, se qualifiant de « révoltés », a déposé une pétition au début de cette semaine pour exiger la dissolution de l'Assemblée provinciale de l'Équateur. Ils accusent les députés de paralyser l'exécutif provincial par des interférences intempestives et des pratiques de clientélisme.
Le collectif a déjà lancé une vaste campagne de collecte de signatures à travers les rues de Mbandaka. Leur objectif est d'atteindre le seuil des 25 000 paraphes pour interpeller directement le Chef de l'État, Félix Tshisekedi, seul habilité à ordonner la dissolution d'une assemblée provinciale en cas de crise persistante.
Selon les pétitionnaires, l'organe délibérant de l'Équateur s'est éloigné de sa mission constitutionnelle de contrôle pour s'immiscer directement dans la gestion quotidienne du gouvernement provincial. Papy Ekate Ekofo, rapporteur du collectif des « citoyens révoltés », dénonce des dérapages documentés :
« Les députés se comportent comme des gestionnaires. Ils bloquent des dossiers importants et s'immiscent dans les attributions de l'exécutif. Nous disons trop c'est trop, cette assemblée doit être dissoute pour laisser la province respirer ».
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Au-delà des interférences administratives, des indiscrétions au sein de la cité de Mbandaka font état de pratiques de « commissionnaires ». Certains élus sont soupçonnés de faire pression sur les institutions publiques pour le recrutement exclusif de leurs proches, au détriment des compétences locales.
L'Assemblée provinciale balaie les accusations
Face à cette fronde citoyenne, l'Assemblée provinciale de l'Équateur ne compte pas se laisser faire. Pour son rapporteur, Ézéchiel Ambokani, cette initiative est dépourvue de tout fondement légal.
« Cette pétition n'a aucune valeur juridique permettant de provoquer la dissolution de notre institution. Les mécanismes de dissolution sont strictement définis par la Constitution et ne dépendent pas d'une collecte de signatures dans la rue », a-t-il rétorqué.
Cette nouvelle crise intervient dans un contexte où la province de l'Équateur peine à décoller sur le plan des infrastructures et du développement social. Pour de nombreux observateurs, ce bras de fer entre une partie de la population et ses élus risque de fragiliser davantage l'autorité de l'État dans cette partie du pays si un arbitrage politique national n'est pas rendu rapidement.