Ile Maurice: Cinq gardiens attendus en cour après avoir ignoré leur citation

L'enquête judiciaire sur la mort suspecte de John Mick Martingale, le 8 septembre 2024 à la prison de Beau-Bassin, reprend aujourd'hui devant le magistrat Denis Vellien, à la cour de district de Rose-Hill. Cette séance est particulièrement attendue, après l'absence remarquée de cinq gardiens de prison à la précédente audience. Cités comme témoins, ils n'avaient pas répondu à leur convocation lors de l'appel de l'affaire, le 22 janvier dernier. Parmi eux, figurent trois membres de la Prison Security Squad (PSS), une unité au coeur des soupçons sur les circonstances du décès du détenu.

Leur absence avait suscité de vives réactions en cour, le représentant du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Yorgesh Bhookhun, et l'avocat de la famille Martingale, Me Rama Valayden, dénonçant un mépris des injonctions judiciaires. Le magistrat avait alors averti que des procédures pour outrage au tribunal pourraient être engagées en cas de nouveau no-show. L'enquête judiciaire a été ordonnée par le DPP à la suite d'éléments jugés suffisamment troublants pour remettre en question la version initiale d'un suicide.

John Mick Martingale, un cuisinier de 32 ans, avait été arrêté le 29 octobre 2022 à l'aéroport SSR à son retour de Belgique. Deux ressortissantes ukrainiennes interpellées avec de la cocaïne liquide (valeur estimée Rs 40 M), avaient affirmé avoir agi à sa demande. En détention provisoire à BeauBassin, il avait été retrouvé pendu dans sa cellule. L'autopsie pratiquée par le Dr Ananda Sunnassee avait conclu à une asphyxie par pendaison.

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Cependant, plusieurs zones d'ombre persistent. La veille de son décès, des membres de la PSS seraient intervenus dans sa cellule après avoir appris qu'il détenait un téléphone portable. Le certificat de décès initial ne mentionnait pas l'heure de son décès et le sort de l'appareil demeure inconnu. La famille Martingale a ensuite sollicité une contre-autopsie, réalisée par le Dr Sipho Mfolozi, médecin légiste sudafricain. Son rapport fait état de traumatismes contondants, d'une obstruction des voies respiratoires et d'une compression du cou, évoquant des signes de torture et une mort par étouffement.

La comparution attendue des gardiens aujourd'hui constituera une étape clé dans une affaire qui continue de soulever de lourdes questions sur les conditions de détention et les circonstances exactes de la mort de John Mick Martingale.

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