Afrique: Transition au pays - L'UA réaffirme le cap du retour à l'ordre constitutionnel

Le président de la Commission de l'Union africaine réaffirme l'engagement de l'organisation continentale à accompagner Madagascar vers un retour à l'ordre constitutionnel. Il souligne également l'importance d'un appui coordonné des partenaires au développement.

Un accompagnement. Telle est la démarche de l'Union africaine (UA), dans le processus de sortie de la «Transition politique», à Madagascar, explique Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA. La finalité étant le « retour à l'ordre constitutionnel complet ».

« L'approche de principe de l'Union africaine en matière de transitions politiques : le respect d'une solution conduite par les Malgaches, avec l'Union africaine accompagnant le pays, à travers la diplomatie préventive et la médiation, vers un retour à l'ordre constitutionnel complet, tout en plaidant pour un engagement soutenu des partenaires au développement afin de soutenir la stabilité économique et le développement », a ainsi «réaffirmé» Mahmoud Ali Youssouf, selon un communiqué de l'organisation continentale, publié hier.

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Il s'agit d'une déclaration que le président de la Commission de l'UA a faite durant une réunion avec son envoyé spécial pour Madagascar, Mohamed Idriss Farah, hier, à Addis-Abeba. Ce dernier qui, à la sortie d'une rencontre avec le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l'État, à sa résidence à Ivandry, dimanche, a également mis l'accent sur l'importance du retour à l'ordre constitutionnel, via l'élection présidentielle, notamment.

De retour de sa mission d'évaluation dans le pays, Mohamed Idriss Farah a présenté son rapport à Mahmoud Ali Youssouf. Il s'agit de sa deuxième mission à Madagascar, après celle de novembre, où l'envoyé spécial a accompagné des membres du groupe des sages de l'organisation continentale. Depuis la prise de pouvoir par les militaires, le 13 octobre, Madagascar est suspendu de toutes les activités au sein de l'UA.

Une suspension actée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, le 15 octobre. Une décision qui fait suite à un communiqué publié le 13 octobre, où le CPS-UA a réagi avec virulence au changement de pouvoir dans la Grande Île. Le Conseil a affirmé qu'il « rejetait catégoriquement toute tentative de changement anticonstitutionnel du gouvernement dans le pays ».

Un frein

Après son entretien avec le Chef de l'État, l'envoyé spécial du président de la Commission de l'UA a noté qu'après la première mission, en novembre, la position du CPS sur le dossier Madagascar a évolué positivement. Néanmoins, il a souligné que la présidentielle sera la condition sine qua non de la levée des sanctions imposées par l'organisation contre Madagascar, en déclarant: «[C'est] cette élection présidentielle [qui] verra les sanctions contre Madagascar levées».

À s'en tenir à la déclaration de Mohamed Idriss Farah, dimanche, l'organisation continentale acte le délai de vingt-quatre mois pour la Transition, affirmé par les tenants du pouvoir. « Nous allons, en tant qu'Union africaine, travailler sur cette période de Transition qui va nous mener à vingt-quatre mois de ce processus qui débouchera sur une élection présidentielle », a-t-il affirmé. Une ligne qu'épouse également l'Union européenne (UE), à s'en tenir à une publication de Roland Kobia, ambassadeur de l'UE, sur sa page Facebook.

En marge d'une cérémonie de remise de distinction honorifique, hier, au palais d'État d'Ambohitsorohitra, le président de la refondation de la République a déclaré sur ce sujet : « Notre discours n'a pas changé. C'est toujours le délai de vingt-quatre mois annoncé dès le départ que nous retenons pour l'organisation des élections devant conduire à la 5e République ». Selon lui, « le seul élément qui nous freine encore » est la concertation nationale qui n'a pas encore démarré concrètement « en raison d'aménagements techniques ».

Le Chef de l'État ajoute que, pour ne pas perdre de temps, le pouvoir étudie les modalités de mise en œuvre « de la refonte électorale », en parallèle avec la concertation nationale. Il est probable que le colonel Randrianirina fasse référence à la refonte de la liste électorale. Un processus qui nécessite beaucoup de temps. Selon Thierry Rakotonarivo, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), « il faut au moins huit mois pour une refonte de la liste électorale en bonne et due forme ».

Un des challenges martelés par les tenants du pouvoir est d'organiser des élections crédibles et transparentes. À commencer par une liste électorale fiable. Dans sa déclaration d'hier, le colonel Randrianirina pourrait rassurer les techniciens électoraux.

Le temps nécessaire pour la refonte de la liste électorale était, en effet, un des points d'incertitude vis-à-vis du délai de vingt-quatre mois de la Transition. Le timing serait trop serré s'il fallait attendre l'issue de la concertation nationale. Surtout qu'avant l'élection présidentielle, il faudra voter pour l'adoption d'une nouvelle Constitution.

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