Afrique: Systèmes éducatifs africains - L'intégration de l'oeuvre de Cheikh Anta Diop toujours d'actualité

5 Février 2026

Quarante ans après sa disparition, l'intégration de l'oeuvre et de la pensée du professeur Cheikh Anta Diop dans les systèmes éducatifs africains préoccupe toujours les intellectuels. Le mercredi 4 février 2025, le sujet a encore fait l'objet d'un panel, à la Place du Souvenir, en prélude à la célébration de l'anniversaire de son décès, le 7 février.

La pensée de Cheikh Anta Diop ne relève ni de la nostalgie ni du simple hommage académique. Elle demeure un levier stratégique pour repenser l'éducation, la transmission du savoir et l'autonomie intellectuelle de l'Afrique.

C'est cette conviction qui a guidé les échanges sur l'intégration de l'oeuvre et de la pensée du défunt savant dans les systèmes éducatifs en Afrique, hier, à la place du Souvenir. L'événement s'inscrit dans le cadre des festivités marquant le 40e anniversaire de son décès.

Initiée par les responsables de la Place du Souvenir africain, en collaboration avec la Chaire de la Renaissance africaine Icesco-Ucad, la rencontre s'est tenue précisément autour du thème : « L'intégration de l'oeuvre et de la pensée paradigmatique du Pr Cheikh Anta Diop dans les systèmes éducatifs afrocentrés : modèles formels, non formels et informels ».

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Un choix thématique qui traduit, selon les organisateurs, la volonté d'aller au-delà de la commémoration pour interroger l'usage concret de l'héritage intellectuel du savant dans les sociétés africaines contemporaines.

Représentant le recteur de l'Ucad, le professeur Pierre Mbid Diouf estime que la pensée du défunt savant est d'une actualité brûlante. « Le Sénégal a encore beaucoup à apprendre de Cheikh Anta Diop, aujourd'hui. Cet homme de science a largement contribué au développement et au déploiement des savoirs endogènes », a-t-il affirmé.

Pour lui, célébrer Cheikh Anta, « c'est donner un sens profond à l'acte commémoratif, en renouvelant à la fois le patriotisme et la place centrale du savoir et de l'éducation dans le projet de société ».

Cheikh Anta, une figure toujours vivante

La directrice de la Place du Souvenir africain, Ngakane Gning Diouf, est revenue sur le sens profond de cette commémoration. « Quarante ans se sont écoulés depuis que Cheikh Anta Diop nous a quittés physiquement, mais sa pensée demeure actuelle et vivante », a-t-elle rappelé. Selon elle, le véritable hommage consiste à « interroger la place que nous accordons à son oeuvre dans nos systèmes éducatifs ». Mme Diouf a rappelé que Cheikh Anta Diop fut un penseur multidimensionnel.

Compagnon de route du savant, le Pr Babacar Diop, dit Buuba, a, quant à lui, replacé cette commémoration dans une perspective historique plus large. Il a insisté sur la nécessité d'inscrire celle-ci dans la durée. « Chaque année, le mois de février est devenu un moment de rassemblement pour l'Afrique et sa diaspora autour de la pensée de Cheikh Anta Diop », a-t-il expliqué.

Abordant la question centrale de l'éducation, le Pr Diop regrette « une sous-exploitation persistante de l'oeuvre du défunt savant dans les curricula ». « Malgré les efforts de nombreux intellectuels, l'oeuvre de Cheikh Anta Diop reste insuffisamment intégrée dans nos systèmes éducatifs au sens large », a-t-il déploré, appelant à accélérer le travail de collecte, d'analyse et de production scientifique autour de cet héritage.

Au fil des interventions, un consensus s'est dégagé : la pensée de Cheikh Anta Diop constitue un socle incontournable pour penser la refondation des systèmes éducatifs africains dans un contexte marqué par des défis sociaux, économiques et politiques persistants.

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