Afrique: Monnaie d'échange

Encore un an de sursis pour l'Agoa. Donald Trump a poussé un peu son avarice de générosité. La prolongation de quelques mois de l'Agoa offre une bouffée d'air frais aux exportateurs africains vers les États-Unis alors que beaucoup n'y croyaient plus vraiment vu à l'allure où vont les choses ces derniers temps.

Treize ambassadeurs américains dont celle en poste à Antananarivo ont été rappelés depuis le 13 janvier. Ce qui sous-entend une probable fermeture de la représentation diplomatique américaine de ces pays. Donald Trump tranche dans le vif là où les États-Unis dépensent plus qu'ils reçoivent dans les échanges avec leurs partenaires.

Il a quitté l'OMS, l'Unesco et a fermé illico presto l'USAID, l'agence de coopération sociale des États-Unis avec les pays pauvres. Le sentiment n'a aucune place dans sa politique. Il n'hésite pas à mépriser certains pays africains.

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Récemment, il a interdit d'entrée aux États-Unis les ressortissants de quelques pays dont plusieurs africains en l'occurrence le Nigeria, la Tanzanie, le Soudan du Sud, l'Érythrée, la Somalie, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la République de Congo, la Guinée Équatoriale, la Libye, la Sierra-Leone, le Soudan, le Zimbabwe. Presque la moitié des pays africains.

Cette mesure entrée en vigueur depuis le 16 janvier a suscité l'indignation en Afrique qui fournit aux États-Unis les meilleurs sportifs du monde pour ne se rappeler que Jesse Owens, le sprinter américain quadruple médaillé d'or aux J.O de Berlin sous les yeux incrédules d'Hitler.

L'Afrique menace de boycotter le Mondial de football 2030 dont une partie se disputera aux États-Unis et où il y aura neuf représentants africains. Il faut dire que c'est encore loin et que Donald Trump risque de ne plus être au pouvoir.

Mais le président américain n'a pas coupé les ponts avec tous les pays africains comme Madagascar où il convoite les terres rares et projette de déporter les délinquants et criminels expulsés des États-Unis que personne n'en veut. Il a récemment envoyé une délégation pour négocier les termes de l'accord.

Les dirigeants malgaches affirment n'avoir pas encore donné une réponse à Donald Trump, mais est-ce qu'ils auront le cran de refuser et de cracher sur la contrepartie. Quand on voit comment il a kidnappé le président vénézuélien dans sa chambre, on a une idée de la détermination du président américain pour atteindre ses objectifs.

L'Agoa reste également une monnaie de change par excellence dans cette affaire qui, en réalité, est un chantage qui ne dit pas son nom. Ou plutôt si. La loi du plus fort.

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