Sénégal: Traite des personnes - La DNLT neutralise une proxénète à Yeumbeul

5 Février 2026

Une ressortissante étrangère basée à Yeumbeul dans la banlieue dakaroise a été déférée devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, pour traite des personnes par exploitation sexuelle et proxénétisme.

Le 28 janvier 2026, l'antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Kédougou a été alertée de la présence de deux jeunes filles de nationalité nigériane aux abords du commissariat. L'exploitation immédiate des renseignements, selon la Police nationale qui a donné l'information, a révélé qu'elles venaient de s'échapper d'un réseau de traite dont la principale responsable était basée à Yeumbeul, dans la banlieue dakaroise.

Les victimes ont expliqué avoir été recrutées sous le faux prétexte d'un emploi décent au Sénégal. Une fois acheminées à Bakel puis à Dakar, elles ont été séquestrées et contraintes à la prostitution. « L'organisation imposait une « dette fictive » s'élevant à 3 000 000 FCFA par victime, censée rembourser les frais de voyage. Elles étaient dans l'obligation de reverser l'intégralité de leurs gains journaliers à leur « patronne » pour éponger cette créance imaginaire », rapporte la police sénégalaise.

Un rituel de soumission pratiqué à l'arrivée des victimes

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La même source indique que l'enquête a mis en lumière des méthodes de coercition particulièrement violentes. Les victimes ont dénoncé : un rituel de soumission pratiqué à leur arrivée. Il s'agit d'un prélèvement de poils et de sang conservés dans un bocal. Mais aussi, des menaces via WhatsApp incluant des photos de leurs portraits exposés dans des lieux mystiques (« juju »), visant à les terroriser et à empêcher toute fuite.

Interpellée à Yeumbeul, la principale suspecte a tenté de justifier la présence des victimes par une activité de restauration. Toutefois, confrontée aux preuves et à la perquisition, elle a fini par reconnaître l'envoi des photos à caractère mystique, prétextant avoir agi ainsi pour « faire peur » aux victimes et récupérer les frais engagés pour leur voyage. Malgré son système de dénégation, le faisceau d'indices concordants a permis son placement en garde à vue et sa présentation au parquet.

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