Plus de 100 000 personnes ont été évacuées depuis le 30 janvier 2026 dans le nord-ouest du Maroc, surtout par précaution, en raison de précipitations exceptionnelles qui ont conduit les autorités à placer plusieurs provinces en alerte météorologique, a annoncé le 4 février le ministère de l'Intérieur. Parmi les zones touchées, celle de Ksar El Kébir, stratégique pour l'approvisionnement de Tanger. Explications.
Plus de 100 000 personnes ont été évacuées dans la province de Larache, au Maroc, suite à des inondations très fortes qui touchent depuis plusieurs jours cette région du nord-ouest du pays. Les conséquences économiques sont déjà importantes, notamment dans la zone de Ksar El-Kébir, où sont cultivées les terres agricoles qui approvisionnent la région de Tanger.
Des parcelles qui sont noyées : la plaine, connue pour ses champs de céréales, de pommes de terre et de betteraves sucrières, est ravagée. Les pertes de productions sont importantes.
« C'est Ksar El-Kébir qui approvisionne toute la région »
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Abdellah El-Fergui, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, lui-même opérateur économique de Ksar El-Kébir, souligne, au micro d'Alexis Bédu : « C'est l'arrière-pays de Tanger. Lorsqu'on connaît Tanger, on sait que c'est le deuxième pôle économique du Maroc après Casablanca. Or, c'est Ksar El-Kébir qui approvisionne toute la région, d'un point de vue agricole, artisanal ou en matière de mains d'oeuvre. »
Des quartiers entiers de Ksar El-Kébir sont également inondés. Dans cette ville d'artisans, de petits commerces, Abdellah El-Fergui craint de nombreuses faillites d'entreprises. Il réclame la mise en place d'allègements économiques : « Au niveau des arriérés des impôts, au niveau de diverses administrations et banques, etc, nous avons demandé à ce qu'il y ait une commission de veille économique qui va traiter ces dossiers-là. C'est comme pour le Covid : il faut accompagner ces entreprises. »
La mauvaise gestion des ressources hydriques pointée du doigt
La confédération des TPE/PME qui dénonce la mauvaise gestion des ressources hydriques dans cette région régulièrement et historiquement touchée par les inondations. Le barrage Oued El Makhazine, à une dizaine de kilomètres de Ksar El-Kébir, a atteint un taux de remplissage historique de 146,85%, a déclaré mercredi le ministère de l'Equipement et de l'eau du Maroc.
Mi-décembre, 37 personnes avaient péri à Safi, sur la côte Atlantique, lors de crues soudaines et d'inondations, le plus lourd bilan de la dernière décennie pour des intempéries de ce type dans le pays.
