En visite officielle à Brazzaville, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, et son homologue congolais, Denis Sassou N'Guesso, ont réaffirmé leur volonté de consolider les relations entre leurs deux pays. Parmi les axes prioritaires de ce partenariat figure la formation des jeunes cadres, présentée comme un levier stratégique pour le développement, la souveraineté et l'avenir du continent africain.
À l'occasion d'un point de presse conjoint tenu à Brazzaville, le 3 février, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Denis Sassou N'Guesso ont mis en avant l'engagement partagé de faire de la formation des ressources humaines le pilier central de leur partenariat bilatéral.
Accueilli avec les honneurs par son homologue congolais, le président sénégalais a salué « l'hospitalité fraternelle » réservée à sa délégation, tout en soulignant la profondeur historique des relations entre les deux pays. Une relation fondée, selon lui, sur une mémoire commune incarnée notamment par la figure du sergent Malamine Camara, acteur sénégalais majeur de l'histoire du Congo avant l'indépendance. Cette dimension historique, a-t-il estimé, doit nourrir une coopération tournée vers l'avenir, précisément dans l'éducation et la transmission aux jeunes générations.
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Bassirou Diomaye Faye a rappelé que le Sénégal et le Congo disposent aujourd'hui de près de vingt accords bilatéraux couvrant plusieurs domaines, dont l'enseignement supérieur et la recherche. Il a insisté sur la nécessité de mieux exploiter ces instruments, en particulier pour accompagner les nouveaux défis liés à l'exploitation du pétrole et du gaz. Fort de son expérience de plusieurs décennies dans ce secteur, le Congo est appelé à jouer un rôle clé dans le transfert d'expertise, la formation d'ingénieurs, de techniciens supérieurs et le développement de la recherche appliquée.
Le président congolais, Denis Sassou N'Guesso, a abordé dans le même sens, faisant de la formation des cadres et de la jeunesse « la priorité absolue » de la coopération sénégalo-congolaise. Saluant la qualité des établissements d'enseignement supérieur sénégalais, il a mis en exergue la capacité du Sénégal à former des médecins spécialistes accueillant déjà des étudiants venus de toute l'Afrique, y compris du Maghreb. Un atout majeur pour le Congo, engagé dans un vaste programme de construction d'hôpitaux et confronté à un besoin urgent de personnel médical qualifié.
Au-delà du secteur de la santé, les deux chefs d'État ont évoqué une coopération élargie dans la formation agricole, l'élevage, ainsi que dans les métiers liés aux hydrocarbures. Autant de domaines jugés stratégiques pour renforcer l'autonomie économique des deux pays et créer des opportunités pour la jeunesse.
Enfin, cette coopération en matière de formation s'inscrit dans une vision plus large, celle d'un panafricanisme renouvelé. Denis Sassou N'Guesso a appelé la nouvelle génération de dirigeants africains à prendre le relais de leurs aînés pour défendre les intérêts du continent dans un monde en pleine recomposition. Un message partagé par Bassirou Diomaye Faye, convaincu que l'investissement dans le capital humain demeure la clé d'une Afrique souveraine, solidaire et tournée vers l'avenir.