Le suspense n'aura pas duré longtemps. Denis Sassou Nguesso a officialisé ce jeudi 5 février sa candidature à l'élection présidentielle du 15 mars prochain au Congo-Brazzaville.
"Je vais faire acte de candidature", a déclaré le chef de l'État congolais, mettant fin aux spéculations tout en ouvrant un nouveau chapitre politique pour le pays.
Une annonce attendue
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À 81 ans, Denis Sassou Nguesso repart en campagne. Cette déclaration confirme ce que de nombreux observateurs anticipaient depuis des semaines. Le président congolais, au pouvoir depuis 1997 après un premier mandat entre 1979 et 1992, brigue donc un nouveau mandat qui le maintiendrait à la tête du Congo jusqu'en 2030 au minimum. L'annonce a été faite dans un contexte politique relativement maîtrisé. Aucune surprise dans le calendrier, aucune improvisation dans la communication. Le président sortant entre en campagne avec la tranquillité d'un homme qui connaît parfaitement les rouages du pouvoir congolais.
Un parcours politique hors norme
Denis Sassou Nguesso cumule déjà plusieurs décennies à la tête du Congo-Brazzaville. Son parcours politique traverse les époques : guerre froide, transition démocratique des années 1990, guerre civile, et retour au pouvoir par les armes en 1997. Depuis, il n'a jamais quitté le palais présidentiel. Sa longévité au pouvoir soulève régulièrement des questions sur l'alternance démocratique dans le pays. En 2015, un référendum constitutionnel controversé a supprimé la limite d'âge pour se présenter à la présidence, ouvrant ainsi la voie à ses candidatures successives malgré son âge avancé.
Les enjeux de l'élection du 15 mars
Cette présidentielle du 15 mars s'annonce dans un contexte économique et social complexe. Le Congo-Brazzaville, grand producteur de pétrole, fait face à des défis structurels : dépendance aux hydrocarbures, endettement public élevé, infrastructures vieillissantes et demandes sociales croissantes. L'opposition, fragmentée et affaiblie par des années de marginalisation politique, peine à constituer une alternative crédible. Plusieurs figures de l'opposition ont déjà annoncé leur candidature, mais aucune ne semble en mesure de rivaliser avec la machine électorale du parti au pouvoir, le Parti Congolais du Travail (PCT).
Une victoire annoncée ?
Sur le terrain, peu de doutes subsistent sur l'issue du scrutin. Denis Sassou Nguesso contrôle l'appareil d'État, bénéficie du soutien de l'administration territoriale et dispose de moyens financiers considérables pour mener campagne. Les élections précédentes se sont soldées par des victoires écrasantes du président sortant, avec des scores dépassant régulièrement les 60%.
La communauté internationale observe ce scrutin avec attention, notamment en raison des critiques récurrentes sur la transparence des processus électoraux dans le pays. Des organisations de la société civile plaident pour un scrutin équitable et transparent, mais leurs moyens d'action restent limités.
Le Congo face à son avenir
Au-delà de la simple question électorale, cette candidature pose la question de la transition politique au Congo-Brazzaville. Avec un président octogénaire, le pays s'interroge sur l'après-Sassou Nguesso, un sujet tabou dans les cercles du pouvoir mais omniprésent dans les discussions informelles. Les jeunes Congolais, qui représentent la majorité de la population, aspirent à un renouvellement générationnel de la classe politique. Mais entre aspiration et réalité, le fossé reste immense dans un système verrouillé depuis près de trois décennies.
Après plus de quarante ans cumulés au pouvoir, Denis Sassou Nguesso incarne-t-il encore l'avenir du Congo ou simplement la continuité d'un système à bout de souffle ?