Au Sénégal, le service d'internet par satellite Starlink de l'entreprise d'Elon Musk SpaceX est désormais officiellement disponible. Une arrivée présentée par les autorités comme un levier majeur pour réduire la fracture numérique, notamment dans les zones rurales. Mais ce choix technologique ne fait pas l'unanimité.
Avec notre correspondante à Dakar, Juliette Dubois
L'arrivée de Starlink au Sénégal a été choisie par l'État pour étendre l'accès au haut et très haut débit, en particulier dans les zones rurales et enclavées. Avec ses satellites en orbite basse, Starlink promet une connexion rapide et stable, y compris dans les régions où les réseaux terrestres restent difficiles ou coûteux à déployer.
Les autorités y voient donc un moyen de réduire progressivement les zones blanches. Pour cela, 5 000 kits ont été obtenus à un tarif préférentiel et le gouvernement ambitionne de connecter gratuitement un million de Sénégalais au premier semestre 2026 avec des dispositifs de wifi communautaire. Dans le pays, 40 % de la population n'utilise pas internet.
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L'éducation, les collectivités territoriales, les zones frontalières et certains programmes de développement, notamment en Casamance, sont ciblés en priorité.
Les abonnements coûtent entre 22 000 et 30 000 FCFA par mois, avec un coût d'installation d'environ 115 000 FCFA.
Mais cette arrivée ne fait pas l'unanimité. Le syndicat des travailleurs de la Sonatel, opérateur historique du pays, dénonce un manque de transparence. Il s'interroge sur la nature de la licence accordée à Starlink et sur les conditions financières de son implantation. En toile de fond, une inquiétude majeure : la souveraineté numérique et le risque de voir les données personnelles des Sénégalais hébergées hors du territoire national.
De son côté, le gouvernement assure que Starlink reste soumis à la régulation nationale et qu'il s'agit d'une solution complémentaire, et non concurrente, aux réseaux des opérateurs locaux.