L'an 2 de Trump II sera-t-il aussi boulimique en politique spectacle que l'an 1 ? Ou au contraire va-t-on assister à une méthode plus conventionnelle de l'administration Donald Trump dans la gestion des Etats-Unis ?
S'il est trop tôt pour avoir une bonne lisibilité de cette perspective, il y a néanmoins quelques signaux tendanciels. On peut y ranger : la mise à l'écart depuis le 28 mai 2025 d'Elon Musk, ex-"Collaborateur spécial du gouvernement" à la tête du controversé Département de l'Efficacité gouvernementale, dissous à la fin novembre dernier ; l'annonce ce 4 février du retrait de Minneapolis de 700 policiers qui travaillaient à l'application draconienne des lois sur l'immigration et les nouvelles taxes douanières.
Une décision qui intervient après le meurtre par des policiers de 2 personnes dans cette ville, dénoncé par des grandes manifestations de rue ; la prolongation d'un an, avec effets rétroactifs de l'AGOA, l'accord commercial privilégié des Etats-Unis avec une trentaine de pays africains pour favoriser leurs exportations vers l'Amérique.
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Ce sont là des décisions qui indiquent que l'Administration Trump lève quelque peu le pied de l'accélérateur de sa politique du tout MAGA, make America great again. C'est l'occupant du Bureau ovale lui-même qui le laisse entendre quand il déclare à propos du retrait des 700 policiers de Minneapolis : "j'ai appris qu'une approche plus délicate pourrait être utile" en matière de politique migratoire. Et pourquoi pas ailleurs, notamment en matière de politique commerciale et de coopération avec les pays africains ?
Le new Donald Trump en germination explique certainement la reconduction de l'African growth and opportunity Act (AGOA) ou Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique, ce programme de préférence commerciale initié en 2000 par Bill Clinton et prolongé de 10 ans par Barack Obama en 2015. Arrivé au terme de cette prolongation, ce programme était dans un état comateux, végétant entre fin définitive et relance audacieuse.
C'est suite donc à des débats controversés entre experts et parlementaires que le new AGOA va être mis en oeuvre jusqu'à la fin 2026. A défaut de la réforme audacieuse de cette loi que voulait le président Trump, son administration se contente d'une "solution d'urgence" pour espérer contrer l'influence commerciale grandissante d'autres pays en Afrique, notamment celle chinoise.
Solution d'urgence donc, en attendant que l'Oncle Sam reparte du bon pied car l'AGOA new look dont rêve Donald Trump c'est celui d'un instrument de développement des relations commerciales privilégiées entre son pays et ceux qui ne sont plus de "la merde" mais un marché riche de 1,5 milliard de consommateurs avec un sous sols aux gisements divers et fabuleux.
Des richesses précieuses, des opportunités commerciales insuffisamment captées par l'AGOA, versions Clinton et Obama jugées obsolètes par l'administration Trump. C'est pourquoi elle s'est opposée à la Chambre des représentants qui a proposé une prolongation de 3 ans de l'AGOA. Pour Trump, 1 an de prolongation, c'est suffisant pour se mettre d'accord sur les réformes à faire pour la rendre l'AGOA conforme aux exigences d'une concurrence commerciale plus accrue de la part de la Chine, de l'Inde, de la Russie et de l'Union européenne.
Que nous sortira le timonier du MAGA sur l'AGOA ?
On attend de voir non sans souligner que des pays africains éligibles ont dû accepter un relèvement des droits de douanes de leurs exportations vers les Etats-Unis ou de servir de terres d'accueil pour migrants indésirables par l'administration Trump. Drôles d'avantages commerciaux de la part d'un partenaire privilégié !