Le gouverneur de Dakar, Ousmane Kane, a présidé, le jeudi 5 février, une réunion avec les autorités administratives et des responsables de la sécurité publique, en présence des acteurs de la lutte. Lors de cette rencontre, l'autorité administrative a tenu un discours ferme et sans ambiguïté, affirmant que « la violence cessera, de gré ou de force ».
Dans le cadre de l'organisation des combats de lutte dans la région de Dakar, et au regard des exigences liées au maintien de l'ordre public ainsi qu'à la sécurité des personnes et des biens, le gouverneur a organisé, le jeudi 5 février à la gouvernance, une réunion de concertation consacrée à la prévention des risques et à la sécurisation des séances de lutte. « La violence cessera, de gré ou de force. En tout état de cause, elle sera boutée hors de la région de Dakar que je gouverne », a assuré Ousmane Kane. S'adressant aux acteurs concernés, il a ajouté qu'ils sont « des responsables » et qu'il ne souhaite pas, plus qu'eux, que cette situation perdure. Selon lui, certains problèmes sont artificiels.
« Le lendemain de notre dernière rencontre, le 7 janvier dernier, le lutteur Siteu s'est attaqué au ministre de l'Intérieur et au gouverneur. Au nom de quoi l'a-t-il fait ? Il n'avait même pas écouté ce que nous avions dit. Siteu nous attaque comme si nous étions ses égaux », a-t-il regretté. Le gouverneur a tenu à recadrer le lutteur qui avait orienté le débat vers une question de banlieue. « Ce n'est ni une question de banlieue ni de banlieusards.
Il n'est pas plus banlieusard que moi, qui suis né et ai grandi à Pikine », a-t-il argumenté. Il a insisté sur le fait que tous ceux concernés par cette délinquance urbaine sont « tous responsables » et que « la solution doit venir de nous ». « Il est facile de réprimer. Si nous décidons que cela s'arrête, cela s'arrêtera par la force. Mais nous préférons en discuter pour trouver des solutions consensuelles », a-t-il martelé avec fermeté. Et de poursuivre : «
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Ces malfaiteurs ne prendront jamais le dessus sur nous, ce n'est pas possible. Ce qui ne doit pas perdurer, nous y mettrons un terme ». Il a donné l'exemple d'une situation antérieure plus complexe. « Le Sénégal a vécu des situations plus difficiles que celles que nous connaissons aujourd'hui dans les arènes, et l'administration a toujours su y faire face », a-t-il retracé. Pour Ousmane Kane, la sécurité de la population est prioritaire et non négociable. Être aux côtés de l'ensemble de la population vaut mieux que de se limiter au seul monde de la lutte, a-t-il souligné. Il a rappelé que l'administration a une seule mission : servir l'intérêt général, donc la population. « Nous sommes là pour cela.
On installe l'administration là où vivent les populations, pour gérer leurs problèmes, jamais dans la brousse. C'est notre vocation et nous ne la perdrons jamais de vue, que ce soit dans le domaine économique, sportif ou autre », a-t-il précisé. Pour donner du poids à son engagement, il a dit préférer prévenir que réprimer, mais a averti que, lorsque la prévention aura été épuisée, il faudra réprimer. Il s'est également réjoui de certaines interventions et de nombreuses idées pertinentes proposées lors de la réunion.
« Nous sommes dans le sport. Le ministre de l'Intérieur insiste sur l'implication des ténors. Comme le phénomène est localisé entre Guédiawaye et les Parcelles assainies, il faut que de grands noms de la lutte comme Modou Lô, Balla Gaye 2 et Lac 2 s'impliquent. Que les sages des quartiers parlent aux jeunes pour les sensibiliser », a-t-il préconisé.