Sénégal: Réforme du baccalauréat - Dans le secret des délibérations de la commission technique

6 Février 2026

Multiplicité des séries, faible mobilité entre les filières, manque de célérité dans l'organisation, gestion des effectifs, etc. Tels sont les axes majeurs pointés du doigt par la Commission technique mise en place par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation concernant la réforme du baccalauréat, selon un document exploité par « Le Soleil ».

Moderniser l'examen du Baccalauréat afin de l'adapter aux exigences du développement économique et social, tout en assurant sa cohérence avec les politiques nationales d'éducation, de formation professionnelle et d'enseignement supérieur, ainsi que les orientations communautaires de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). C'est ce à quoi s'est attelé le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (Mesri).

Il a ainsi mis en place, depuis novembre dernier, une commission technique présidée par le directeur général de l'enseignement supérieur et comptant parmi ses membres, l'Office du Bac, l'inspection générale de l'éducation et de la formation (Igef), les universités et Instituts supérieurs d'enseignement professionnel (Isep), entre autres. Un document du ministère, consulté par «Le Soleil », indique que celle-ci a fait un diagnostic sans complaisance sur cet examen et son diplôme à travers quelques recommandations.

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La commission relève, entre autres, une multiplicité des séries (18) entraînant une complexité administrative ; des effectifs faibles dans certaines séries ; une orientation précoce et parfois subie ; une faible mobilité entre filières entrainant un fort taux d'échec en Licence dans les universités. La structure pointe également du doigt, l'inadéquation du rattachement institutionnel de l'Office du baccalauréat ; le manque de célérité dans l'organisation de l'examen ; l'absence d'imprimerie ; des difficultés dans la confection des sujets ; des problèmes dans le convoyage des sujets et l'équation des montants alloués pour le paiement des acteurs impliqués dans l'organisation.

Les textes réglementaires en question La source mentionne également que la commission, dans son diagnostic, a constaté aussi « des séries inactives depuis leurs créations en 2013 ». Il s'agit notamment de la série S1-AR : (Mathématiques et sciences physiques) ainsi que la S2-AR (Sciences expérimentales). En plus, elle fait savoir que « la série L-AR n'est dispensée que dans des écoles privées et ses bacheliers ont du mal à être orientés dans les universités publiques ». Selon la commission « l'augmentation des droits d'inscription s'impose, car le coût du Baccalauréat a fortement augmenté ».

« Le montant des droits d'inscription n'a été modifié que deux fois : de 3200 FCfa en 1974, il passe à 4 800 FCfa en 1987. Celui-ci, poursuit-elle, « est arrondi à 5000 FCfa en 2000, alors que le coût réel par candidat est estimé à 32.000 de Fcfa ». Il a été aussi déploré « une déconnexion entre l'enseignement supérieur et le ministère en charge de l'emploi concernant certaines séries et orientations des élèves ». « Ce que nous devons changer, ce sont les séries cloisonnées et les orientations subies ; Bac général contre Bac technique et la déconnexion avec le supérieur et l'emploi », a-t-on indiqué dans le document. La commission technique de la réforme du Bac est aussi revenue sur certaines recommandations issues de l'atelier de 2017 et les directives de l'agenda national de transformation de l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation (Antesri) 2050.

Il s'agit, selon le document, de « réformer l'Office du Baccalauréat en le dotant d'une autonomie financière et administrative ; le relèvement à 10.000 FCfa du montant des droits d'inscription à l'examen; l'augmentation de la subvention de l'État ; la mise en place des textes juridiques définissant les fiches de postes des acteurs du Baccalauréat pour une meilleure gestion du personnel ainsi que l'amélioration substantielle des motivations des acteurs et la révision des textes règlementaires ».

Une nouvelle architecture du diplôme préconisée

La commission technique chargée de la réforme du baccalauréat recommande une nouvelle architecture pour ce premier diplôme de l'enseignement supérieur au Sénégal. Il s'agit, selon la structure, « d'arriver à un socle commun national obligatoire pour tous ». Elle propose également des disciplines obligatoires pour tous les candidats (langues, mathématiques, sciences et technologie, numérique et intelligence artificielle, sciences humaines, philosophie et éthique et l'éducation physique et sportive (Eps). « La réduction des 18 séries en 4 grands parcours » a été aussi recommandée.

Selon le document, le parcours Sciences, numérique et innovation doit regrouper les séries S1, S2, S1A, S2A, et F6. Quant au parcours Technologies et Industries, il va regrouper les séries Stidd et S3 (Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable). Le parcours 3, poursuit la source, peut regrouper Agriculture, Environnement et Agroalimentaire avec les séries S4 et S5. Enfin dans le parcours 4, la commission propose Économie, Gestion et Sciences sociales regroupant les séries Steg, L2, LA, LAR, L'1, L1a, L1b. Autant de recommandations qui, selon la structure, pourront contribuer à rationaliser le système.

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