Sénégal: Telecoms - Arrivée de nouveaux opérateurs - Les acteurs demandent une sécurisation des investissements existants, l'Etat rassure

La première édition de Ëttu koom koom, organisée par KPMG ce jeudi, 5 février 2026, a mis en lumière un enjeu central de la transformation numérique du Sénégal : la sécurisation et la viabilité économique des investissements dans les télécommunications, dans un contexte marqué par l'arrivée annoncée de nouveaux acteurs technologiques.

Au cours des échanges, Fatou Sow Kane, directrice générale de Expresso Sénégal, a porté un plaidoyer fort, appelant à un accompagnement renforcé de l'État pour garantir la rentabilité des investissements consentis depuis plusieurs années.

Selon la responsable de Expresso, la viabilité des investissements constitue aujourd'hui « la question la plus cruciale » pour les opérateurs. « Sans visibilité sur cette viabilité, nous avons les mains liées », a-t-elle averti, rappelant que les télécommunications relèvent d'un service public, impliquant à la fois obligations d'investissement et exigences de qualité.

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Elle a également attiré l'attention sur la structure du marché, souvent analysée sous l'angle des parts de clients, mais rarement sous celui des parts de revenus. « Expresso Sénégal détient environ 7% des parts de marché en termes de revenus, contre près de 77% pour Orange et 16% pour Yas », a-t-elle détaillé.

Dans ce contexte, l'annonce de l'arrivée de nouveaux acteurs, notamment satellitaires, soulève des interrogations majeures : « Comment les parts de revenus seront-elles définies à court, moyen et long terme ? Ce sont des questions stratégiques auxquelles il faut répondre de manière objective », a-t-elle plaidé, appelant à une révision exhaustive du cadre sectoriel afin de permettre à tous les acteurs de tirer leur épingle du jeu.

Le ministère de tutelle rassure

Le ministre en charge de la communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a tenu à rassurer les opérateurs. Il a réaffirmé que l'État du Sénégal encourage l'investissement et reste pleinement conscient des efforts financiers consentis par les acteurs du secteur.

« Nous devons concilier la rentabilité des investissements privés avec notre objectif stratégique de couverture universelle de l'Internet à un coût abordable », a déclaré le ministre. Selon lui, le recours à un mix technologique, incluant les nouvelles solutions satellitaires, répond à la nécessité de couvrir les zones où les réseaux traditionnels peinent à s'implanter, sans pour autant remettre en cause les investissements existants.

Alioune Sall a insisté sur l'importance du dialogue permanent entre l'État, les régulateurs et les opérateurs, invitant les professionnels du secteur à continuer d'apporter leur expertise pour atteindre les objectifs nationaux.

Réaffirmant l'engagement du Sénégal en faveur d'une connectivité universelle, inclusive et durable, le ministre a appelé opérateurs, investisseurs et partenaires techniques et financiers à renforcer leur collaboration pour bâtir un écosystème numérique robuste, au service du développement économique et social.

« Le numérique est aujourd'hui un levier stratégique majeur pour la réalisation de la Vision Sénégal 2050 », a-t-il conclu, assurant que l'État restera attentif à la sécurisation des investissements, dans le respect de l'intérêt général.

Concernant le partage d'infrastructures, la mutualisation des investissements, la Sonatel qui est la locomotive « n'est pas contre » mais son directeur marketing a souligné qu'« il faut que cela puisse être dans un cadre transparent avec une prise en compte des éléments de coûts ». « Déployer une prise fibre qui est partageable coûte 80 % plus cher que prise non partageable », a soutenu Mamadou Bousso.

Pour aller dans le sens de rendre opérationnel le partage d'infrastructures, M. Bousso est d'avis qu'« il faudrait qu'au niveau de la régulation qu'on puisse l'encadrer avec des engagements d'investissement de la part des opérateurs ».

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