Afrique: Flux migratoire au Gabon - Amour Békalé Nzé interpelle les parlementaires face à des chiffres au-delà des seuils admis par les Nations Unies

6 Février 2026

Amour Békalé Nzé, ancien candidat indépendant aux élections législatives et acteur engagé de la société civile, originaire de la province du Moyen-Ogooué, tire la sonnette d'alarme sur l'ampleur du phénomène migratoire au Gabon. Son inquiétude repose notamment sur les données issues des rapports de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et des estimations du Système des Nations Unies.

Selon les standards internationaux, la proportion moyenne de migrants dans la population d'un pays se situe autour de 3 à 5 % au niveau mondial. Au-delà de 10 %, les Nations Unies considèrent généralement que la pression migratoire devient structurelle et nécessite des politiques publiques spécifiques et renforcées.

Or, au Gabon, les estimations concordantes de l'OIM et de plusieurs agences onusiennes situent la population migrante entre 18 % et 22 % de la population totale, soit près d'un habitant sur cinq, un niveau largement supérieur aux seuils communément admis à l'échelle internationale. Cette situation place le Gabon parmi les pays africains ayant l'un des taux de migration les plus élevés par rapport à leur population nationale.

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Ces chiffres ont été relayés et analysés par les organisations de la société civile Concept Freedom et Junior Entreprise Conseil, respectivement dirigées par Amour Békalé Nzé et Emmanuel Obakamba Ombana. Dès 2023, les deux structures avaient officiellement saisi les ministères de la Défense nationale et de l'Intérieur afin d'alerter sur les risques sécuritaires, sociaux, économiques et démographiques liés à un flux migratoire jugé croissant, disproportionné et insuffisamment maîtrisé.

À l'aube de la Ve République, alors que le Parlement est appelé à jouer pleinement son rôle de garant de la souveraineté nationale et du bien-être des citoyens gabonais, Amour Békalé Nzé interpelle directement les députés et sénateurs. Il les exhorte à interpeller l'Exécutif, mais surtout à proposer et faire adopter des lois fortes et adaptées, instaurant une politique d'immigration sélective, contrôlée et conforme aux intérêts nationaux.

Sur le terrain, affirme-t-il, la réalité est visible dans plusieurs secteurs : occupation anarchique de l'espace public, prolifération de la vente à la sauvette, saturation des marchés urbains, pression sur le transport, la communication et, de plus en plus, sur le secteur immobilier. À Libreville notamment, l'encombrement urbain pose de sérieuses questions sur l'efficacité des mécanismes de contrôle, de régulation et de gouvernance locale.

Les enquêtes évoquées font état de plus d'un migrant sur cinq dans certaines zones urbaines et périurbaines, sur un échantillonnage couvrant plusieurs provinces du pays. Pour Amour Békalé Nzé, si le taux d'immigration avoisinait déjà 25 % dans certaines zones en 2023, dans un contexte politique alors instable, cette situation appelle aujourd'hui à une vigilance accrue dans un Gabon qui se veut stable, démocratique et souverain.

« Les rues de nos capitales ressemblent à une véritable foire. Je suis indigné et inquiet pour l'avenir. Je n'ose même pas avancer certains chiffres tant ils sont préoccupants », confie-t-il.

Il rappelle enfin que si les grandes puissances économiques mondiales renforcent leurs politiques migratoires face à des taux bien inférieurs à ceux observés au Gabon, il apparaît d'autant plus urgent que les institutions nationales prennent pleinement la mesure de l'enjeu.

Au nom de l'intérêt supérieur de la Nation, Amour Békalé Nzé appelle solennellement les parlementaires à se saisir de ce dossier stratégique, soulignant que les chiffres officiels ne reflètent probablement qu'une partie de la réalité, notamment en ce qui concerne l'immigration clandestine. « Que Dieu aide notre pays », conclut-il.

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