Kinshasa — « Les pressions exercées par les États-Unis ont contraint le M23 à se retirer d'Uvira », rapportent à l'Agence Fides des sources locales provenant de la deuxième ville du Sud-Kivu, disputée depuis plusieurs semaines par les forces armées congolaises et les rebelles pro-rwandais.
« Au cours de la semaine, les combattants du M23 devraient se retirer de Sange (une des communes du territoire d'Uvira), dernier village encore occupé par eux, pour se diriger vers Kamanyola, où les rebelles sont présents depuis au moins six mois », rapportent les sources de Fides.
Les pressions américaines pour faire retirer le M23 d'Uvira n'ont pas été uniquement d'ordre politique et diplomatique, mais se sont appuyées sur des actions concrètes sur le terrain. « Une vingtaine d'officiers américains soutiennent l'armée congolaise. La moitié d'entre eux sont des mercenaires d'une société militaire privée, les autres sont des militaires des forces armées américaines, qui auraient planifié l'offensive gouvernementale et identifié les cibles à frapper avec des drones, au cas où le M23 ne se serait pas retiré », rapportent les sources de Fides.
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Selon la publication française Africa Intelligence, la société militaire privée américaine Vectus Global a conclu en janvier dernier un accord avec le gouvernement de Kinshasa pour soutenir les opérations visant à reprendre le contrôle d'Uvira. Selon la publication française, plusieurs hommes de Vectus Global sont en première ligne aux côtés des soldats congolais, fournissant un soutien en matière de renseignement et d'artillerie.
Les Casques bleus de la Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) sont en route pour sécuriser la ville. Selon nos sources, « la MONUSCO envoie son propre contingent à Uvira, tandis que des centaines de soldats gouvernementaux arrivent dans la ville ».
En réponse à l'offensive gouvernementale dans le Sud-Kivu, le M23 a déclaré avoir mené une attaque contre l'aéroport Bangoka de Kisangani, capitale de la province du Tshopo, dans le nord-est.
Le chef rebelle Corneille Nangaa a qualifié cette attaque d'avertissement au gouvernement de Kinshasa et de signal indiquant que l'armée ne pouvait plus compter sur l'aéroport comme base arrière sûre.
Les autorités de la province de Tshopo ont déclaré que huit drones chargés d'explosifs avaient pris pour cible l'aéroport international de Bangoka entre le 31 janvier et le 1er février. Selon les responsables, tous ont été abattus avant d'atteindre leur cible et aucune victime n'a été signalée. L'aéroport est situé à environ 17 km du centre de Kisangani et à environ 700 km des principales lignes de front dans le Nord et le Sud-Kivu.