Maurice est une île surpeuplée. Aussi, les gouvernants réussissent à imposer l'introduction de la pilule gratuite et l'instauration de la planification familiale. Non sans polémiques. 2026. On ne fait plus assez d'enfants. Cela va coûter cher au pays. Maurice se range même parmi les pays développés dans ce domaine. La natalité s'élève à un enfant et demi pour 1 000 habitants, soit en dessous du seuil de remplacement.
Cette dénatalité pose des problèmes sur les plans économique et social. Quelles en sont les causes, les conséquences et quelles solutions sontelles envisagées dans l'immédiat ? Comment réagissent les pays développés frappés par le même phénomène ?
Maurice pas seule
Si on exclut l'Afrique et quelques pays asiatiques, le reste du monde fait le même constat. Huit pays - où la dénatalité n'y existe pas - en 2050 constitueront la moitié de la population mondiale : Inde, Nigeria République démocratique du Congo, Éthiopie, Égypte, Pakistan et Philippines. En Asie du Sud-Est, le taux de natalité recule. La fécondité chute en Europe. Dans le monde, on dénombre 2,2 enfants par femme.
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La Terre compte un peu plus de 8 milliards d'habitants. Elle en abritera 10,3 milliards en 2080 avant d'entamer une décrue en 2100. En France, jamais depuis 1915, elle n'aura compté aussi peu de naissances. Le solde naturel entre décès et naissances est négatif. Interrogés, les Français répondent qu'ils ne sont pas contre la parentalité, mais qu'ils renoncent à mettre au monde un deuxième enfant. Aussi, les plus de 55 ans sont aussi nombreux que les moins de 20ans. Malgré une timide relance de la natalité, les 75 à 84 ans ont augmenté de 50%. On y meurt plus qu'on ne naît. Quant à l'Allemagne, elle est au plus bas.
La Chine est un cas des plus intéressants. Rappelez-vous leur vaste campagne pour un unique enfant. Toute infraction donnait lieu à de strictes peines. Aujourd'hui, elle a changé son fusil d'épaule et joue le tout pour le tout. Elle est coupée en deux entre les riches et les pauvres. Pour éviter la dénatalité, elle a procédé à de grands changements structurels au niveau de la famille qui cultivait encore la politique de l'enfant unique.
Elle a multiplié les initiatives en faveur des naissances et répondu aux besoins réclamés par la population : davantage de logements, de garderies, aide économique substantielle, rallonge du congé parental, retour à l'éducation gratuite pour les enfants. On comprend alors pourquoi la Chine hante Trump - soit devenir la première économie mondiale d'ici une décennie. Le logement y est devenu la pierre angulaire de ce changement de stratégie.
Causes et solutions
Avoir un enfant coûte cher aujourd'hui. Entretemps, l'espérance de vie augmente, d'où le vieillissement de la population, le nombre des plus de 65 ans explose et la fécondité recule. Il faut se réjouir que l'espérance de vie progresse, mais les jeunes parents avant de faire un deuxième enfant pensent à l'éducation, les soins de santé, les conditions de logement, voire l'emploi à l'avenir. Entrent en ligne de compte hôpitaux, écoles, hospices pour les plus âgés. Moins d'enfants signifie un fardeau sur le plan économique puisqu'il y aura moins de recettes et de cotisations.
Il faudra bien que l'État trouve des ressources financières pour abriter et nourrir une population de plus en plus âgée. À l'avenir, il y aura plus de places dans les écoles déjà saturées, plus de lits dans les hôpitaux publics où on entasse des rangées de lits dans une seule salle, mais comment envisager des abris décents pour les futurs vieux démunis. L'hospice est devenu généralement un «business». Seuls les plus fortunés ont recours à des maisons de retraite convenables pour leurs aînés. Comment alors continuer à alimenter les caisses de l'État providence ?
On règle en partie la question de place dans la maison familiale. Mais quid du coût de la vie qui ne connaît pas de baisse. L'État se verra amputé du nombre de cotisants, vu la diminution des actifs alors que celui des inactifs augmentera. En outre, nous assistons à une émigration (3 168 départs) de jeunes actifs qualifiés et compétents. Les plus de 65ans et plus ont augmenté de 14,2%. Cette situation impactera la croissance économique et parallèlement l'innovation.
Revient sur le tapis le montant de la retraite qui fait déjà l'objet de controverses. Tout gouvernement devra élaborer une stratégie nationale sur le plan économique pour régler ces problèmes humains. Ce n'est pas par manque d'envie qu'on ne souhaite pas un deuxième enfant, mais parce qu'il faudra trouver où se loger et à quel prix. Le projet d'avoir un enfant ne devient plus une priorité dans beaucoup de jeunes couples contrairement au passé.
Terminé le temps des familles nombreuses. Les jeunes mariés pensent d'abord à voyager s'ils en ont les moyens, à profiter de leur jeunesse et, avant tout, à se bâtir une carrière pour assurer une assise solide au couple. Des solutions existent comme allonger le congé de maternité, mais aussi du père.
Une aide financière à certains couples en cas de naissance serait la bienvenue. La même démarche pourrait retenir au pays de jeunes talents qui veulent aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Le pays a déjà un bon nombre d'artisans manuels que le Canada a accueilli à bras ouverts. Il faudrait étudier des initiatives à prendre vis-à-vis des jeunes qui sont partis, mais assurés en cas de retour de décrocher des emplois rémunérateurs dans des domaines qui intéressent le pays comme l'intelligence artificielle, les nouvelles technologies, les services économiques de pointe, le numérique...
Nous avons recours à des expertises étrangères alors que certains fils du sol pourraient assurer ces tâches. Encore faudrait-il mettre fin au népotisme ou à la protection des petits copains pour raisons politiques ou communales. Nous avons connu des cas de certains qui, sans diplôme requis, ont été catapultés à de hauts postes enviables. Ces cons... pétant très haut sous l'ancien régime. Remettre en question le favoritisme. Attendons de voir le nouveau GM en action.
L'individualisme
La société et le monde du travail ont évolué. Le concept de la famille vole en éclats. Tout pousse l'homme à devenir un individualiste parfois forcené au détriment du collectif. Ne penser qu'à soi pour réussir. Être compétitif et productif. Même la femme, devenue partiellement autonome, envisage de grimper les échelons en profitant de la fleur de l'âge. Faire un enfant est une étape sans cesse repoussée.
Par ailleurs, avouons que l'État dans lequel se trouve notre Terre fait réfléchir à deux fois avant de mettre un enfant dans ce monde. L'homme malgré les nombreux signaux d'alarme détruit la nature. Le réchauffement climatique va provoquer de graves catastrophes naturelles (cyclones, sècheresses, incendies géants) ; le niveau des océans va provoquer une grosse montée des eaux avec disparition de plages avant 2100 ; la Terre ne produit plus assez pour nourrir toute la population mondiale ; l'air pourrait devenir irrespirable dans certaines zones ; la crise énergétique menace... Le nucléaire arme de dissuasion devient maintenant arme de persuasion. La totalité des missiles nucléaires pourrait faire sauter la Terre plus d'une dizaine de fois.
Alors, pourquoi faire des enfants qui, à maturité, devront affronter ces calamités prévisibles. Mais il est un argument humain qui peut faire pencher la balance. Ni l'IA, ni les mathématiques quantiques, ni aucune nouvelle technologie ne pourront créer un être humain, les robots encore moins. Procréer et voir naître un petit être est la chose la plus merveilleuse qui soit. Une naissance, c'est presque un miracle qui ne dépend que de deux êtres humains. Lourde responsabilité, mais quel bonheur au niveau du ressenti.