Tunis — Financement du secteur des déchets en Tunisie : Vers un besoin d'investissement triplé d'ici 2050
La Tunisie fait face à une urgence environnementale majeure. Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé "Waste Management in the Middle East and North Africa", le pays devra augmenter massivement ses investissements pour atteindre les objectifs de développement durable (SDG 11.6.1).
Les dépenses annuelles du secteur, qui étaient de 141 millions de dollars en 2022 (soit 65 dollars par tonne), devront atteindre 498 millions de dollars d'ici 2050 (environ 1,55 milliard de dinars tunisiens (TND) (basé sur un taux de change externe d'environ 1 USD = 3,12 TND).
Le volume de déchets solides municipaux généré dans le pays devrait passer de 3 millions de tonnes en 2022, à 6 millions de tonnes d'ici 2050.
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Ce rapport, élaboré par des experts de la BM (2025/2026), avec le soutien de PROBLUE et du Climate Support Facility, dresse un état des lieux sans appel : chaque Tunisien produit en moyenne 0,80 kg de déchets par jour. Si le taux de collecte atteint 72 %, le coût de la dégradation environnementale lié à une gestion perfectible s'élève déjà à 155 millions de dollars US par an.
Actuellement, la Tunisie est classée dans la catégorie DB3 "Extension de service", mais l'ambition est d'évoluer vers le niveau DB8, où la gestion serait pilotée par des mécanismes fiscaux incitatifs. Le pays se distingue néanmoins dans la région par un taux de compostage des déchets organiques supérieur à 5 %, une performance partagée avec seulement quelques pays comme le Qatar ou le Liban.
La gestion des déchets en Tunisie repose également sur une armée de l'ombre, selon le même rapport. Le secteur informel compte environ 8 000 travailleurs (communément appelés "Barbechas", soit environ 66 travailleurs pour 100 000 habitants. Le rapport préconise une meilleure intégration de ces acteurs pour optimiser la valorisation des matériaux
Le lac Séjoumi, cas d'observation à l'occasion de la Journée mondiale des zones humides
"Sebkha Séjoumi : quand le paysage agricole protège la zone humide" est la thématique d'une initiative organisée par le Réseau "Enfants De La Terre" en collaboration avec la Direction Générale des Forêts, le ministère de l'Environnement et le Réseau MedWet, à l'occasion de la Journée mondiale des zones humides 2026.
Une balade éco-interprétative au coeur des collines de Séjoumi, site Ramsar classé depuis 2007, a été organisée, lundi dernier, pour mettre l'accent sur le rôle vital des zones humides dans la protection de inondations. Pour le pays qui a vécu des pluies d'une intensité inédite, les savoirs agricoles traditionnels et les solutions fondées sur la nature dans la protection de l'eau et des sols et aussi la protection des villes contre les inondations, sont indispensables.
La Journée mondiale des zones humides est célébrée chaque 2 février pour commémorer la signature de la Convention de Ramsar (1971), traité international qui promeut la protection, l'usage rationnel et la conservation des zones humides dans le monde entier.
L'édition 2026 a pour thème : "Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel". Cela met l'accent sur les connaissances locales et traditionnelles accumulées au fil des générations, et la manière dont elles contribuent à préserver ces écosystèmes essentiels.
Selon l'ONU, le niveau des ressources en eau a baissé de plus de la moitié des grands lacs du monde depuis le début des années 1990. Environ 35 % des zones humides naturelles depuis les années 1970 ont disparu et environ 70 % des principales nappes phréatiques sont en déclin à long terme.
Climat: Hammamet abrite le Forum régional des Entités désignées en mars prochain
Le Forum des Entités Désignées (NDE) et renforcement des capacités pour la transformation des systèmes en Afrique sera organisé à Hammamet, du 23 au 26 mars 2026. L'évènement organisé par le Centre et Réseau des Technologies Climatiques des Nations Unies (CTCN) aura pour objectif de renforcer la collaboration et d'accélérer le déploiement de technologies climatiques à travers le continent africain.
Il mettra l'accent sur le renforcement des systèmes nationaux d'innovation et sur l'amplification de l'impact grâce à la numérisation dans des secteurs clés tels que les systèmes énergétiques, la mobilité durable, les bâtiments et infrastructures, le nexus eau-énergie-alimentation, et l'industrie. Il s'agit également, de soutenir les priorités nationales de réduction des émissions et d'adaptation aux impacts du changement climatique.
Le Centre et Réseau des Technologies Climatiques des Nations Unies (CTCN) (Climate Technology Centre and Network), est l'organe opérationnel du Mécanisme technologique sous l'égide de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC/UNFCCC).
Le rôle du CTCN est de stimuler la coopération technologique climatique, d'accélérer le transfert de technologies propres et de renforcer les capacités des pays en développement sur demande.
Les Entités nationales désignées (NDE) sont des points focaux nationaux qui représentent leur pays vis-à-vis du CTCN. Elles identifient les besoins technologiques,
soumettent des demandes d'assistance technique et facilitent l'implantation de solutions climatiques concrètes à l'échelle nationale ou régionale.
Solaire en Afrique : un potentiel encore sous-exploité
L'Afrique concentre près de 60 % des meilleures ressources solaires mondiales, mais l'énergie solaire photovoltaïque ne représente aujourd'hui que 3 % de la production d'électricité du continent, selon le rapport "Africa Market Outlook for Solar PV 2025-2028".
À l'heure où la communauté internationale s'est fixé pour objectif de tripler les capacités mondiales en énergies renouvelables d'ici 2030, le rôle de l'Afrique apparaît plus crucial que jamais.
Ce rapport dresse une analyse approfondie de la croissance du solaire, de l'environnement d'investissement et des cadres politiques en Afrique. Il passe en revue les principaux marchés, met en lumière les opportunités émergentes et détaille les réformes financières et réglementaires nécessaires pour accélérer le déploiement du photovoltaïque sur le continent.
S'appuyant sur les contributions d'experts et d'acteurs du secteur, l'étude examine les défis liés au financement des projets solaires, à l'intégration au réseau électrique, ainsi que le rôle complémentaire des solutions à grande échelle et hors réseau pour améliorer l'accès à l'énergie. Elle propose également, des prévisions de marché, des tendances d'investissement et des recommandations politiques afin de soutenir la transition de l'Afrique vers un avenir énergétique propre.
Publié en partenariat avec RMI et avec le soutien de GET.invest, le rapport se veut une référence clé pour les décideurs publics, les investisseurs et les professionnels du secteur souhaitant mieux comprendre l'évolution rapide du marché solaire africain.
Le marché de l'énergie solaire en Afrique devrait connaître une hausse de 42 % en 2025, signe d'une dynamique en nette accélération sur le continent, selon des projections sectorielles. D'ici 2028, l'Afrique devrait installer 23 gigawatts (GW) supplémentaires de capacité solaire, soit plus du double de sa capacité actuelle.