Sénégal: Prise en charge des Mgf à l'hôpital Abass Ndao - 52 femmes retrouvent leur identité sexuelle

7 Février 2026

52 femmes ont retrouvé leur dignité à la suite d'une activité de réparation gynécologiques de mutilations génitales féminines (MGF) au centre hospitalier Abass Ndao de Dakar. L'information est donnée hier, vendredi 6 février, correspondant à la journée internationale de tolérance zero à l'égard des MGF, par le directeur dudit centre le Professeur Demba Diédhiou.

C'était lors du colloque sur les mutilations génitales féminines que sa structure a co-organisée avec les hôpitaux universitaires de Marseille sur le thème «De la prévention à la réparation ». Au cours de cette rencontre les spécialistes n'ont pas aussi manqué de revenir sur la situation de ce fléau dans le pays même si une baisse a été notée, de 2005 à 2023, de 08 points du taux de prévalence passant de 28% à 21,1% chez les 15 à 49 ans dont 12,9% chez les filles de 15 ans.

Le centre hospitalier Abass Ndao a tenu une activité de réparation des mutilations génitales féminines qui a démarré le 02 février dernier et qui a permis de prendre en charge 52 femmes victimes de ce fléau. Pour marquer la journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines (MGF), les organisateurs de cette rencontre, sous le leadership du Docteur Raymond Alipio, gynécologue obstétricien, ont clôturée, hier vendredi, leur activité par un colloque sur le thème : «les mutilations génitales féminines : de la prévention à la réparation ».

Une occasion pour faire le point sur ces MGF qui constituent une violation grave des droits humains et un problème majeur de santé publique et dont les conséquences affectent durablement la santé physique, mentale, sexuelle et reproductive des victimes.

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Pour le centre Hospitalier Abass Ndao qui a organisé l'activité, avec les hôpitaux de Marseille, ce colloque scientifique international de Dakar vise à̀ renforcer les approches de prévention, de prise en charge holistique et de coopération internationale afin de contribuer à̀ l'élimination des mutilations génitales féminines par le renforcement des stratégies de prévention, l'amélioration de la prise en charge globale des survivantes et le développement de coopérations internationales fondées sur les données probantes et les droits humains.

Au Sénégal, bien que la prévalence soit en baisse, entre 2005 et 2023, de 08 points du taux, passant de 28% à 21,1% chez les 15 à 49 ans dont 12,9% chez les filles de 15 ans, la situation demeure inquiétante avec des disparités notées à Matam avec 83%, Sédhiou 71,3%, Kédougou 30% Ziguinchor, 22,8% Tambacounda 19,8%, Diourbel enregistre le plus faible taux avec 0,8%.

Pour le directeur de l'hôpital Abass Ndao, Demba Diedhiou, «au Sénégal, les MGF demeurent un problème de santé publique, touchant encore près d'une femme sur quatre de par notre culture, avec des disparités marquées selon les régions, les communautés et le niveau d'éducation. Les séquelles de ces mutilations sont lourdes, douleurs chroniques, complications obstétriques, troubles sexuels, traumatismes psychologiques, atteintes profondes à la dignité ».

Et d'ajouter : « la réparation d'âme chirurgicale constitue aujourd'hui une avancée majeure, offrant une amélioration fonctionnelle, une restauration de l'estime de soi, et un espoir de reconstruction physique, psychologique pour les suivantes».

Le professeur Diedhiou a lancé un appel pour plus de moyens et de structures de prise de charge adaptées aux victimes. Et c'est dans cette dynamique qu'il inscrit dans les perspectives la création d'un centre régional de lutte contre les MGF au sein de l'hôpital des femmes et des enfants implanté au centre hospitalier Abass Ndao.

Que «Ce centre soit un espace de formation, de soins, de recherche car disposant de tous les zones nécessaires, aussi bien techniques, de par la diversité des spécialistes qui y sont, structurelles de par la plus grande maternité, mais aussi l'accessibilité pour toutes femmes et toutes filles qui seraient dans certaines circonstances, mais aussi de par son histoire dans la prise en charge de la femme et l'expertise personnelle», a déclaré Pr Diedhiou.

La ministre de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, Maimouna Dieye, venue présider le colloque, a estimé : «cette journée est une occasion pour nous de réaffirmer notre engagement à éliminer cette pratique néfaste qui touche des millions de personnes à travers le monde. Aujourd'hui, il, nous faut sortir du seul champ du plaidoyer pour investir celui de la réponse clinique. Cette synergie entre l'expertise médicale et l'engagement militant forge nos principes et l'approche par la réparation est le chemin qu'il manquait pour résoudre clairement la vulnérabilité de celles qui ont été blessées dans leur chair».

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