Pour lutter efficacement contre les crimes internationaux, le Sénégal, la Gambie et la Guinée ont mis en place un réseau ouest-africain de coopération. Le lancement officiel dudit réseau a eu lieu avant-hier, à Dakar, lors d'un atelier organisé par le Centre de formation judiciaire (Cfj) en partenariat avec Eurojust.
Le Sénégal, la Gambie et la Guinée veulent lutter efficacement contre les crimes internationaux. Dans cette dynamique, ces trois pays ont mis sur pied un réseau ouest-africain de coopération judiciaire. Le lancement officiel a eu lieu, avant-hier, à Dakar, en présence du magistrat Yakham Lèye, directeur des Affaires criminelles et des Grâces.
Et, selon le magistrat, un tel réseau offrirait « un cadre structuré de concertation, de partage d'expériences, de coordination des actions judiciaires et de mutualisation des expertises, tout en plaçant la protection des victimes au coeur des priorités ». En effet, souligne M. Lèye, les crimes internationaux présentent des éléments d'extranéité.
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« Ils dépassent souvent les frontières, impliquent des auteurs et des victimes dispersés dans plusieurs États et nécessitent une collaboration renforcée pour l'échange d'informations, l'entraide judiciaire, la collecte des preuves et l'exécution des décisions de justice », souligne le magistrat tout en saluant les actes posés par la justice sénégalaise. Il a, à cet effet, rappelé que le Sénégal est le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome et il est, aujourd'hui, représenté au plus haut niveau à la Cour pénale internationale, avec Mandiaye Niang comme procureur adjoint.
Plaidoirie pour la protection des victimes
Par ailleurs, outre la mise en place du réseau, ce séminaire organisé par le Centre de formation judiciaire (Cfj) en partenariat avec Eurojust est une occasion pour réfléchir sur la protection des droits des victimes de crimes internationaux. En effet, selon Yakham Lèye, l'expérience a démontré les limites d'une approche exclusivement centrée sur la répression.
Or, dit-il, « la justice pénale internationale ne saurait être pleinement accomplie si elle se limite à sanctionner les coupables sans répondre aux attentes légitimes de celles et ceux qui ont subi ces crimes ». Toutefois, le magistrat a indiqué que la reconnaissance du rôle des victimes implique également « une exigence accrue » de protection. Ces dernières, déplore-t-il, « sont souvent exposées à des risques multiples : représailles, stigmatisation, traumatismes psychologiques durables ».
Par conséquent, il juge qu'il est « impératif de garantir leur sécurité, leur accompagnement juridique, psychosocial et médical, ainsi que le respect de leur dignité tout au long du processus judiciaire ». En somme, d'après Yakham Lèye, la protection des victimes n'est pas un simple aspect procédural. « Elle constitue une condition essentielle de l'effectivité de la justice et de la crédibilité des institutions judiciaires ».