Dans un contexte de forte consommation électrique accentuée par la vague de chaleur, le Central Electricity Board (CEB) lance un appel à ses abonnés : mettre à jour leur declared load (puissance électrique déclarée pour un logement ou une entreprise). Cette démarche, pas assez connue du grand public, est pourtant essentielle pour assurer la stabilité du réseau.
Cet appel intervient alors que la demande nationale a atteint 560 mégawatts (MW) le vendredi 6 février à 19 h 30 (heure de pointe de consommation d'électricité), poussant l'organisme à activer une alerte jaune, signe d'une marge de réserve réduite, sans toutefois nécessiter de délestage. «Notre vie est aujourd'hui entièrement connectée à l'électricité. Sans courant, il n'y a ni eau, ni internet, ni activité économique. Il est donc crucial que la consommation réelle corresponde à la charge déclarée», explique Thierry Ramasawmy, responsable de communication du CEB.
La charge déclarée (declared load) correspond à la quantité d'électricité qu'un abonné prévoit d'utiliser. Or, avec la multiplication de climatiseurs, chauffe-eau, bornes de recharge ou équipements électroménagers, la consommation réelle peut parfois dépasser ce seuil. Ces écarts peuvent fragiliser le réseau, surtout aux heures de pointe - entre 18 et 21 heures.
Les abonnés souhaitant augmenter ou réduire leur charge peuvent en faire la demande auprès des agences locales du CEB, en fournissant le numéro de leur Contract Account ou Business Partner Number et une copie de leur carte d'identité. La requête peut être transmise par courriel ou se faire en ligne.
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La récente alerte jaune s'explique par une combinaison de facteurs. Outre la chaleur, qui entraîne une utilisation accrue des climatiseurs dès le retour à domicile, la panne d'un moteur chez un producteur indépendant d'électricité a privé le réseau d'environ 37 MW, plaçant temporairement le CEB sur la corde raide.
Production et demande se sont ainsi retrouvées presque à l'équilibre. Malgré cela, la situation demeure légèrement plus favorable qu'à la même période l'an dernier, lorsque la demande avait culminé à 567,9 MW et donné lieu à une vaste campagne de sobriété énergétique.
Cette stabilité relative est d'autant plus notable que la demande continue de progresser. Environ 2 500 nouvelles connexions domestiques sont enregistrées chaque mois, tandis que des projets immobiliers, notamment des tours, peuvent nécessiter entre 1 et 2 MW à eux seuls. Le système d'alerte du CEB repose sur trois niveaux - vert, jaune et rouge - définis selon la marge de réserve disponible. Le seuil critique est atteint lorsque cette réserve passe sous les 15 MW, ce qui peut entraîner des coupures ciblées.
Nous n'en sommes pas là, insiste le CEB, qui privilégie pour l'heure la prévention. «La population a droit à son confort, surtout par forte chaleur. Mais nous demandons d'éviter le gaspillage, par exemple, en limitant l'usage de la climatisation aux pièces occupées», souligne Thierry Ramasawmy. Conseils pratiques: allumer le climatiseur juste avant d'aller dormir pour refroidir la pièce ; ou aller se promener dans un mall, là où il fait déjà bon grâce à la climatisation centrale, afin de ne pas devoir allumer chez soi.
En cas de tension accrue, certains hôtels pourraient être temporairement déconnectés du réseau afin de produire leur propre électricité. De grands industriels se tiennent également prêts à basculer sur leurs générateurs. Par ailleurs, les réparations à la centrale thermique concernée devraient permettre de récupérer rapidement les 37 MW manquants.
À plus long terme, plusieurs projets visent à renforcer la capacité énergétique du pays, notamment des systèmes de batteries pour stocker l'énergie solaire, un projet soutenu par l'Inde qui devrait injecter 17,5 MW supplémentaires ainsi qu'une future turbine à gaz à Fort-William.
En attendant, pour le CEB, une meilleure adéquation entre consommation réelle et charge déclarée constitue déjà un levier important pour préserver l'équilibre du réseau. Car si l'alerte jaune n'annonce pas de coupures imminentes, elle rappelle que la gestion de l'électricité devient une responsabilité partagée.