Diamniadio a été, en cette fin janvier 2026, le théâtre d'un épisode d'horreur : un crime passionnel impliquant un couple de réfugiés d'origine malienne vivant au Canada. Aveuglé par la jalousie et soupçonnant l'infidélité de son épouse, un mari aurait froidement égorgé celle-ci avant de dissimuler le corps aux abords de la route. Grâce à l'enquête diligentée par la gendarmerie, il finira par avouer son forfait. La dépouille devrait être rapatriée au Mali.
Le mardi 3 février, la vie reprend son cours à Diamniadio. Les activités se déroulent normalement le long des axes stratégiques, notamment à la gare routière et au niveau du croisement. Sur chaque artère, une cohorte de motos « Jakarta » stationne, à l'affût d'éventuels clients. À quelques pas, gargotes et ateliers mécaniques cohabitent en parfaite symbiose. Pourtant, une semaine plus tôt, cette localité carrefour, dense et animée, avait été le théâtre d'une scène d'horreur avec la découverte de trois corps sans vie, celui d'une femme d'origine malienne et de deux enfants (à l'intérieur d'un véhicule).
Juste après la « Brioche dorée », nous tombons sur un jeune mécanicien à la chevelure teintée en jaune or. Les commentaires suscités par ce drame sur les réseaux sociaux semblent lui avoir échappé. Éberlué, le regard hagard, il affirme n'avoir jamais entendu parler de cette sordide affaire. « Je n'ai pas eu écho de ce drame. Quand est-ce que cela s'est passé ? En revanche, pour les deux enfants retrouvés morts, je suis au courant. C'était près du croisement Sébi-Ponty », confie-t-il.
A. D. était loin d'imaginer qu'elle ne rentrerait pas saine et sauve de la promenade effectuée avec son mari, B. S. Le présumé meurtre aurait eu lieu dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 janvier 2026, à Diamniadio, sur l'axe menant vers Thiès.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Une promenade qui vire au drame
La victime aurait été froidement tuée, la gorge tranchée, puis son corps abandonné pour dissimuler l'acte. La découverte macabre a été faite par M. F., qui a alerté aussitôt la brigade de gendarmerie de Diamniadio. Accompagnée des sapeurs-pompiers, elle s'est aussitôt rendue sur les lieux vers 23 h 48 mn. Le corps sans vie est ensuite déposé dans une structure sanitaire. Selon une source sécuritaire, la victime, tout comme son époux, est d'origine malienne.
Le couple avait le statut de réfugiés et vivait au Canada. Pendant que la gendarmerie menait les premières investigations, le mari se présente à la brigade pour signaler la disparition de sa femme, évoquant dans un premier temps un enlèvement. Mais, au fil de l'enquête, les descriptions fournies correspondent en grande partie au corps retrouvé, à l'exception de la couleur des vêtements portés par la victime. Quarante-huit heures après le drame, la gendarmerie obtient finalement l'aveu du mari.
Le témoin M. F., qui avait découvert le corps, est d'abord considéré comme suspect et interrogé, avant que l'attention des enquêteurs ne se focalise sur l'époux. Selon une source sécuritaire, son comportement allure, lucidité et absence apparente d'inquiétude laissait supposer qu'il en savait davantage qu'il ne voulait l'admettre. Dans une tentative de minimiser les faits et d'alléger sa responsabilité pénale, le suspect évoque un homicide involontaire.
De la déclaration d'enlèvement à l'aveu
Il affirme souffrir de troubles psychiques et soutient avoir étranglé sa femme lors d'un trouble mental. Une version qui ne convainc guère les enquêteurs. Les auditions révèlent plutôt un crime passionnel et prémédité. Nourrissant depuis longtemps des soupçons sur la fidélité de son épouse, alors qu'ils vivaient au Canada, l'homme aurait enfoui sa colère en attendant le moment propice pour passer à l'acte. Il avance également qu'un « mauvais sort » serait à l'origine de ses prétendus troubles psychiques, ce qui l'aurait conduit à venir au Sénégal pour se faire soigner.
Toutefois, les examens médicaux n'ont révélé aucune anomalie psychique. La mère de la défunte, qui est arrivée à Dakar ainsi que l'ambassade de ce pays, s'activent pour le rapatriement du corps. Quant au mari, il a été placé en détention pour meurtre.