Maroc: Les précipitations intenses n'écartent pas la menace de la sécheresse

Au Maroc, plus de 150 000 personnes ont été évacuées dans le nord du pays depuis fin janvier, dans le nord du pays, en raison des inondations. Ces évacuations ont été réalisées, dans la plupart des cas, à titre préventif. En dépit de ces intempéries, les méfaits de la sécheresse qui sévit depuis sept ans demeurent. Et l'agriculture marocaine risque aussi de souffrir des inondations.

La Direction générale de la météorologie (DGM) a encore annoncé, dimanche 8 février, de fortes pluies, des averses orageuses avec risques de grêle et de fortes rafales de vent, et ce jusqu'à mardi, dans plusieurs provinces du Maroc. Les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué, fin janvier, le ministère de l'Eau.

Après sept années consécutives d'une grave sécheresse liée à un anticyclone des Açores resté trop durablement près des côtes marocaines, la situation s'est donc renversée. Cependant, s'il est normal d'avoir de la pluie en hiver au Maroc, des précipitations d'une telle durée et d'une telle intensité ne le sont pas.

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Malgré ces inondations, au niveau national, on ne peut pas assurer que la menace de la sécheresse soit écartée. Et pour les agriculteurs, la pluie n'a pas forcément fait le beau temps. C'est ce qu'a expliqué le climatologue Mohamed Hanchane, professeur à l'université Sidi Mohamed Ben Abdellah, à RFI :

« Sept années de sécheresse, c'est quand même quelque chose qui est pesant au niveau des ressources en eau. Mais la situation de cette année a permis de remettre les choses un peu à la normale. Cependant, on est toujours menacés par une sécheresse ; on a encore la période du printemps et on ne sait pas comment sera la situation météorologique. »

« Les pluies qui sont tombées cette année ont permis de remplir les barrages, les cours d'eau mais aussi les nappes phréatiques. Il n'y a pas seulement la pluie, on a aussi reçu des précipitations neigeuses qui contribuent quand même à augmenter des ressources en eau », poursuit Mohamed Hanchane. Mais le climatologue pointe « les impacts de ces pluies extrêmes sur l'agriculture ». « La plupart des plaines atlantiques sont inondes, et cela pourrait produire des dégâts au niveau des terres agricoles », prévient-il.

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