Centrafrique: «On opère avec des lampes de téléphones» - Un hôpital de la capitale de Centrafrique face aux délestages

La capitale de la RCA et ses environs font face depuis près de trois semaines à des coupures récurrentes d'électricité, à cause d'un problème à la centrale de Bouali. Une situation qui affecte de nombreux secteurs, notamment celui de la santé. À l'hôpital communautaire de Bangui, le service de traumatologie enregistre de sérieux dysfonctionnements. L'année dernière, une panne de courant avait provoqué le décès de deux patients au bloc opératoire, entraînant une onde de choc nationale et la fermeture du service pendant plus de trois semaines. Pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise, le chef du service a saisi différentes autorités, annonçant sa volonté de restreindre certaines activités en attendant des mesures d'urgence.

L'obscurité règne dans les couloirs de ce service de traumatologie à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA). Sur leurs lits, des patients gémissent de douleurs, d'autres fixent le plafond dans un silence résigné.

Le manque d'électricité rend le travail difficile, notamment pour soigner les blessures les plus graves qui nécessitent une intervention chirurgicale.

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Le professeur Jean de Dieu Tekpa, chef de service en traumatologie, affirme : « Ici, nous travaillons sans sources d'électricité. Quand il y a délestage, nous sommes dans le noir. Nous opérons avec les lampes de nos téléphones. Pourtant, c'est l'électricité qui fait fonctionner les extracteurs d'oxygène. Le respirateur qui fait respirer le malade artificiellement a aussi besoin d'électricité. On a failli perdre un malade il y a deux jours. C'est sur ce cas qu'on a dit : "Non, on arrête.". »

« J'ai peur que l'opération tourne mal »

Seul service de traumatologie de Centrafrique, l'hôpital communautaire accueille plusieurs dizaines de patients, dont beaucoup de victimes d'accidents de la circulation. C'est ce qui est arrivé à Ange-Gabriel. « J'ai eu un grave accident de moto sur la route. Ma jambe gauche a été fracturée et, depuis, j'en souffre beaucoup. Il me faut une intervention chirurgicale d'urgence mais avec ce problème d'électricité, j'ai peur que l'opération tourne mal », souffle-t-il.

Pour éviter les risques, les activités du service ont donc été restreintes, souligne le docteur Jean de Dieu Tekpa : « Il faut qu'il y ait une source supplémentaire qui pallie à cette défaillance. On n'a pas besoin de beaucoup de choses : seulement qu'un groupe électrogène soit fourni. Quand il y a délestage, qu'on met ce groupe en marche pour ne pas qu'il y ait de pertes en vies humaines. » Pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise, le chef du service a saisi la semaine précédente, le ministère de la Santé, le Conseil de l'Ordre des médecins et la direction de l'hôpital.

Selon Énergie centrafricaine, l'entreprise publique de production, transport et distribution de l'électricité de la RCA, la réparation de la centrale de Bouali pourrait prendre au moins six mois.

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