Madagascar: Désordre constitutionnel

La Présidence de la Refondation ne tarit pas d'adjectifs qualificatifs et de superlatifs dans son communiqué de presse relatif à « l'accueil officiel accordé par le Royaume d'Eswatini à M. Andry Rajoelina, ancien président déchu de Madagascar ».

Un pléonasme, soit dit en passant, car un président déchu est forcément ancien, parce qu'appartenant à un régime révolu. En faisant même une lecture au premier degré, on pourrait dire que le fait d'être déchu (et sans doute aussi déçu) relève d'un passé décomposé susceptible d'être conjugué au présent ou au futur proche.

Désordre constitutionnel

De toute façon, au-delà de la forme grammaticale que l'on apprend aux élèves de classe de cinquième, force est de noter - au propre comme au figuré - qu'il y a aussi des « maux » à dire concernant le fond du problème. Tout particulièrement sur la question de l'ordre constitutionnel. Un concept qui se manifeste par la méthode d'organisation de l'État, c'est-à-dire l'ensemble des caractéristiques par lesquelles un État peut être distingué par rapport à un autre.

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Notamment sur la forme du gouvernement et le système politique. Pour prendre l'exemple du Royaume d'Eswatini, qui est « une monarchie absolue », tel que le qualifie en caractères gras et à bon droit le communiqué de la Présidence de la Refondation. De la République s'entend.

En attendant de savoir quel type de République va accoucher la concertation nationale, et à travers laquelle « Madagascar s'emploie résolument à restaurer le calme, la stabilité et la réconciliation nationale », selon toujours le communiqué, qui estime que « le geste posé par le Royaume d'Eswatini apparaît comme un facteur de trouble et de perturbation du processus en cours ». Mais quid de l'impact des séries de perquisitions, d'arrestations et d'emprisonnements sur ledit processus ?

Pour sa part, le communiqué du Palais de Lozitah rappelle que « la communauté internationale condamne les changements de gouvernement par des moyens anticonstitutionnels et promeut la prévention des conflits armés ». Ce à quoi le Palais d'Iavoloha répond que « Madagascar, avec l'accompagnement de la SADC, s'engage dans un processus résolument nécessaire au retour à l'ordre constitutionnel ». Reconnaissant implicitement par là qu'on en est sorti. Tout cela fait désordre sur le plan constitutionnel.

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