Madagascar sort provisoirement de la zone de turbulences financières. Le 23 janvier, l'agence S&P Global Ratings, l'une des trois grandes agences de notation qui évaluent notamment les dettes des États, a levé la « surveillance négative » qui pesait sur la Grande Île depuis le coup d'État d'octobre 2025. La note reste fixée à B-, mais la perspective est désormais jugée stable. Un signal de continuité administrative dans un contexte pourtant encore très fragile.
Le 17 octobre 2025, en pleine incertitude institutionnelle, l'agence S&P plaçait Madagascar sous surveillance négative. Le risque d'un défaut de paiement était alors pris très au sérieux par les marchés des capitaux. Trois mois plus tard, le scénario catastrophe est écarté.
Malgré le changement de régime, le service de la dette a été assuré normalement, ce qui a rassuré les partenaires historiques du pays, comme la Banque mondiale ou l'Agence française de développement, qui ont maintenu leurs engagements financiers. Pour le chercheur Solofo Rajoalison, cette continuité dépasse la seule question budgétaire :
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« On est dans un équilibre très délicat. Les partenaires traditionnels tels que la France et l'Union européenne, ont une volonté réelle de maintenir le dialogue avec Madagascar pour éviter que le pays ne se tourne vers d'autres horizons. C'est une forme de compétition stratégique qui s'installe. »
Mais la marge de manoeuvre reste très étroite. La note B- signifie que Madagascar honore ses engagements aujourd'hui, tout en disposant de très peu de réserves face au moindre choc, selon des spécialistes.