Ile Maurice: Le parcours douloureux d'un adolescent de 14 ans

Une insulte. Une menace. Un choc profond. Depuis le 16 juillet 2025, la vie de Jonathan (*), 14 ans, a basculé. Diagnostiqué autiste, l'adolescent traverse aujourd'hui une épreuve dont les répercussions dépassent largement l'incident initial. Sa famille, tout aussi bouleversée, attend désormais que la justice apporte des réponses et, surtout, un apaisement.

Ce jour-là, rien ne laissait présager un tel drame. Jonathan jouait tranquillement avec sa sœur et un ami dans un jardin d'enfants, un lieu familier et rassurant. Mais la quiétude a soudain été rompue lorsqu'un homme, âgé d'une trentaine d'années, aurait proféré des menaces et des insultes à son encontre. Une agression verbale qui a laissé des traces profondes.

Sa mère, Caroline (*), raconte le calvaire qui a suivi. «Pendant de nombreux mois, il n'a cessé de me dire que cet homme allait venir le battre. Il refusait de retourner dans ce parc et le soir, il ne dormait plus», confie-t-elle.

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Pour cet adolescent, déjà confronté aux défis liés à l'autisme, l'événement a été vécu comme une rupture brutale avec son sentiment de sécurité. «Jamais personne n'avait tenu de tels propos à son égard. Oui, il a parfois des troubles de comportement liés à sa condition, mais il n'a jamais fait de mal à qui que ce soit», insiste sa mère. Face à l'ampleur du traumatisme, la famille a dû faire appel à un psychologue afin d'aider Jonathan à surmonter cette épreuve.

Une déposition éprouvante

L'exercice de la déposition à la police s'est également révélé particulièrement difficile. Jonathan bégaie, ce qui a compliqué son récit des faits. «Il a fallu beaucoup de temps et de patience pour l'écouter. Je tiens d'ailleurs à remercier le policier qui a su faire preuve d'humanité et de compréhension», souligne Caroline.

Avec le temps, l'adolescent avait commencé à mettre cet épisode à distance. Mais aujourd'hui, une nouvelle source d'angoisse se profile : il devra prochainement comparaître devant la cour. «Revivre cet événement sera extrêmement difficile pour lui. Il a oublié certains détails, mais il m'a dit qu'il est prêt à les dessiner pour expliquer ce qui s'est passé», confie sa mère, partagée entre inquiétude et fierté. La situation est d'autant plus délicate que la personne mise en cause est connue de la famille. «Nous ne pensions pas qu'il réagirait de cette manière. Il nous a même dit qu'il ne craint pas la justice, affirmant avoir des contacts bien placés», rapporte Caroline.

À ce stade, personne ne sait précisément ce qui a déclenché l'altercation. «Ce jour-là, mon fils jetait des cailloux dans la rivière. A-t-il été mal compris ? L'homme a-t-il pensé qu'il voulait blesser quelqu'un ? Nous ne le saurons peut-être jamais. Mais cela ne justifie en rien des menaces ou des insultes», affirme-t-elle avec fermeté.

L'appel à une approche plus humaine

Le cas a été signalé à Neurodiversity Hub Mauritius, qui dit recevoir de plus en plus de doléances de parents confrontés à des situations similaires. Pour Yashoda Auchombit, l'une des responsables du groupe, cette affaire met en lumière un problème plus large.

«Face à une personne en situation de handicap ou présentant des troubles, il est essentiel d'adopter une approche plus humaine, notamment lors de la prise de déposition», plaide-t-elle. Elle insiste sur la nécessité de consigner un maximum d'informations dès le départ. «On ne peut pas demander à ces personnes de revivre les faits encore et encore. Cela ravive le traumatisme et bien souvent, ceux qui ont causé le tort s'en sortent impunément.»

Aujourd'hui, la famille de Jonathan espère que ce dossier sera traité avec le sérieux et la sensibilité qu'il mérite. «On parle d'enfants et de personnes qui ont besoin de soins spécifiques. Ils doivent aussi bénéficier d'une attention et d'un accompagnement adaptés», conclut Yashoda Auchombit.

Enfant à besoins spécifiques : une inscription scolaire qui tourne à l'épreuve

Les parents d'un jeune enfant à besoins spécifiques dénoncent un refus d'admission vécu comme profondément blessant dans une école pré primaire publique du nord de l'île. Selon leur témoignage, leur fils, déjà admis l'année précédente dans un autre établissement gouvernemental, ne pouvait fréquenter l'école de façon régulière en raison de son manque d'autonomie et de l'absence d'un accompagnant spécialisé.

Une demande de carer avait été soumise aux autorités compétentes et dans ce cadre, les parents affirment avoir été orientés vers un autre établissement, avec l'assurance qu'un accompagnant serait affecté dès que l'admission serait validée. L'enfant ne devait pas fréquenter l'école avant cette prise en charge.

Une tentative d'inscription qui met en lumière les difficultés rencontrées par certaines familles face à l'inclusion scolaire.

Le 30 janvier, lors de la tentative d'inscription, les parents disent avoir essuyé un refus catégorique. L'accueil aurait été marqué par un ton jugé froid, sarcastique et peu professionnel, accompagné de remarques perçues comme dénigrantes à l'égard de la condition de l'enfant.

Déjà éprouvés par les défis quotidiens liés au handicap, les parents estiment que cette situation met en lumière un manque de sensibilité dans la prise en charge des enfants à besoins spécifiques. Ils appellent les autorités à examiner ce cas avec sérieux afin de garantir un accès équitable et humain à l'éducation, droit fondamental pour tous les enfants.

Réforme de l'éducation : la révision de la notation au PSAC se précise

Le ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, a rencontré des élèves et des parents à l'auditorium Paul Octave Wiehe, à Réduit, le jeudi 5 février. Ces échanges s'inscrivent dans le cadre de l'élaboration du Blueprint sur la réforme du système éducatif. À l'issue des discussions, une tendance claire se dégage : la révision de la notation au Primary School Achievement Certificate (PSAC) apparaît comme l'option privilégiée par une majorité de participants.

Interpellé sur l'avenir des collèges catholiques appelés à intégrer le statut de collèges nationaux, le ministre s'est voulu rassurant. «Nous n'allons toucher à la spécificité d'aucun collège», a-t-il affirmé, insistant sur le respect des acquis institutionnels. Il a précisé que des solutions adaptées seront envisagées lorsque certaines spécificités empêchent l'adhésion totale au modèle proposé. «Rien ne sera imposé. Tout se fera dans le dialogue, la transparence et le respect mutuel», a-t-il ajouté, soulignant que les discussions avec l'évêque de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône, sont toujours en cours.

Selon le ministre, ces consultations permettent d'alimenter une réforme fondée sur des données, des analyses techniques et les contributions des acteurs du terrain. «L'option 1 recueille clairement l'adhésion du public», a-t-il indiqué. Mahend Gungapersad a également mis l'accent sur le bien-être des élèves, la liberté d'expression et la prise en compte de la diversité des profils scolaires. Le système éducatif, a-t-il rappelé, doit répondre aux besoins de tous les apprenants, sans exclusion, avec une attention particulière aux élèves les plus vulnérables.

Par ailleurs, les collèges nationaux pourront fonctionner en mode mixte ou non, à l'exception du Mahatma Gandhi Institute, qui restera mixte. Enfin, le ministère a annoncé que les candidats de la cuvée 2025 du School Certificate et du Higher School Certificate souhaitant repasser leurs examens en 2026 devront désormais payer les frais d'inscription. Cette décision marque la fin du financement public des redoublements, sauf pour les familles inscrites au Social Register of Mauritius, qui continueront à bénéficier d'un soutien de l'État.

Neurodiversité : Créer des espaces pour comprendre, soutenir et grandir

Des activités sont actuellement en préparation, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les parents et le grand public, explique Yashoda Auchombit, l'une des responsables de Neurodiversity Hub Mauritius. L'objectif est de mieux cerner les réalités liées à la neurodiversité à Maurice et de sensibiliser autour de ces enjeux encore peu compris. Un atelier de réflexion est d'ailleurs prévu afin de définir les contours de ces problématiques et d'identifier des pistes d'action concrètes.

«À l'issue de cet atelier, nous verrons comment nous engager auprès des autorités pour obtenir un soutien, tout en apportant notre aide dans diverses situations», précise-t-elle. Déjà, pour soutenir les enfants et les familles confrontés à l'autisme, le groupe a organisé trois adoptions de chiots. Ces nouveaux compagnons offrent aux enfants un espace d'épanouissement et de réconfort. Les personnes intéressées à adopter un chiot ou un chaton peuvent prendre contact avec l'association, d'autres activités étant également en préparation.

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