Face aux Journées Sans Ticket (JST) décrétées par la Coordination des Étudiants de Saint-Louis et à l'impact financier jugé lourd sur la restauration universitaire, le Centre régional des oeuvres universitaires (CROUS) de Saint-Louis a annoncé la fermeture temporaire de ses restaurants à compter du vendredi 06 février 2026 après le dîner. Une décision sur instruction du ministre de l'Enseignement supérieur, assumée par la direction du Crous. Le directeur général du Crous, Dr Babacar Diop appelle à la responsabilité collective et au dialogue social.
Le climat social reste tendu dans les universités sénégalaises. À Dakar, Saint-Louis et Thiès, les étudiants ont observé une grève de 48 heure renouvelable pour protester contre le non-paiement des rappels des bourses et une réforme engagée par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Dans ce contexte, les Journées Sans Ticket (JST) ont été largement suivies dans les restaurants universitaires. Dans un communiqué rendu public le 06 février 2026, le Directeur du Centre régional des oeuvres universitaires de Saint-Louis (CROUS) informe la communauté universitaire de la fermeture temporaire des restaurants universitaires, après le dîner du vendredi 06 février. La mesure intervient sur instruction du ministre de tutelle, face à des actes jugés préjudiciables au bon fonctionnement du service de restauration.
« Tous les efforts déployés par le CROUS et l'État pour assurer un service continu et de qualité se trouvent sérieusement compromis par ces actes, qualifiables de sabotage et répétitifs », indique le communiqué. Dans un entretien accordé au Soleil, le Directeur général du CROUS de Saint-Louis, Dr Babacar Diop, explique les raisons profondes de cette décision. Selon lui, les JST ont entraîné une perte considérable de ressources internes. « Le ticket de restauration est fortement subventionné par l'État. Chaque entrée sans ticket représente une perte directe pour le CROUS. Ce matin, sans distribution de tickets, nous avons dépassé les dix mille repas servis, contre sept à huit mille habituellement », a-t-il souligné. Il rappelle que d'importants efforts ont été consentis par l'État ces deux dernières années pour améliorer la qualité de la restauration universitaire et réduire la dette des repreneurs. Toutefois, la répétition des JST risque, selon lui, de replonger le système dans les mêmes difficultés financières.
Un appel au dialogue et à la responsabilité
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Revenant sur les revendications étudiantes, Dr Babacar Diop précise que la réforme engagée par le ministère vise avant tout à respecter l'orthodoxie budgétaire et à garantir plus de transparence et d'équité dans l'attribution des bourses. « L'État garantit douze mois de bourse à chaque étudiant régulièrement inscrit. Mais il est impossible d'attribuer une bourse sans certificat d'inscription. Il faut tenir compte du dérèglement du calendrier universitaire », a-t-il expliqué, évoquant notamment les étudiants en transition entre licence et master.
Malgré la fermeté de la mesure, le CROUS se veut ouvert à la discussion. La direction affirme que des échanges sont déjà en cours avec les représentants des étudiants et d'autres acteurs universitaires afin de trouver une issue rapide à la crise. « Nous appelons à une prise de conscience collective. On peut manifester, exprimer un désaccord, sans pour autant briser l'outil de production qui accompagne les étudiants au quotidien », a insisté Dr Diop. La date de réouverture des restaurants universitaires sera communiquée ultérieurement. En attendant, le CROUS réaffirme sa disponibilité à oeuvrer pour un dialogue social constructif, dans l'objectif de préserver la stabilité du climat universitaire et d'assurer une année académique normale.