Ile Maurice: «Le Morne Heritage Trust Fund» - Diana Bablee retourne à la montagne

Le Conseil des ministres a pris note de la nomination de Diana Bablee, au poste de présidente à temps partiel de LMHTF, le 23 janvier. Elle a reçu la lettre officielle de nomination des mains de Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la culture, le 30 janvier. À temps pour les commémorations du 191e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, le 1eᣴ février.

Invitée à identifier les chantiers prioritaires, Diana Bablee répond avec prudence qu'elle n'ose se prononcer, avant de procéder à un état des lieux. «Mais je sais que l'Open air museum de Trou-Chenille est dans un état d'abandon.»

Mahen Gondeea a fait quatre visites au Morne depuis sa prise de fonction. D'abord, le 9 mai 2025. Il y est retourné le 12 septembre de la même année. À chaque fois, il a vivement critiqué l'état lamentable de ce qui se veut une reconstitution d'un village d'anciens esclaves. «Par respect pour les ancêtres et pour la réputation du site, on ne peut pas le laisser dans cet état. Il faudra agir au plus vite», estime pour sa part la nouvelle présidente. Le Budget 2025-2026 a prévu Rs 5 millions pour l'upgrading of Trou-Chenille trail. C'est une tranche d'un projet échelonné sur plusieurs années. Coût total estimé du projet : Rs 51 millions.

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Le 5 mai 2024, la Vallée des ossements avait été inaugurée au Morne. Il s'agit d'un parcours vers le lieu-dit où des ossements des marrons qui auraient fait le grand saut vers la liberté du sommet de la montagne auraient été retrouvés.

Ce lieu de recueillement serait moins connu des visiteurs. «L'état des lieux des éléments clés de la montagne nous permettra de définir comment les mettre en avant tout en les préservant. Il faut aussi rendre accessible des informations les concernant.» LMHTF a initié de longue date des recherches pluridisciplinaires (historiques, anthropologiques, archéologiques). Parmi les lieux à préserver, outre Trou-Chenille, figurent d'autres anciens site d'habitation comme L'Embrasure et Makak.

Le 12 août 2025, le Morne avait été endeuillé par la chute mortelle d'un touriste de 20 ans. Suite à ce tragique accident de montagne, le ministre des Arts et de la culture avait annoncé que des règlements rendant obligatoire l'ascension guidée de la montagne seraient promulgués. Un nouveau cadre est attendu. «L'accès au site et la sécurité des visiteurs seront parmi les priorités», assure Diana Bablee.

L'absence de participation active des habitants du Morne et de la région dans la préservation du site est un autre aspect régulièrement décrié. «L'inscription du Morne sur la liste du patrimoine mondial est basée sur la mémoire orale. Les anciens habitants de Trou-Chenille, qui étaient des descendants des anciens marrons, se sont installés au Morne. Ce sont les gardiens de cette mémoire. L'UNESCO recommande que la local community participe à l'effort de conservation du site. Ce sera l'un des axes de notre intervention. Nous l'avions fait au moment de la demande d'inscription sur la liste du patrimoine mondial. Il faudra renouer ces liens.»

Le volet économique de ce patrimoine est impacté par sa situation géographique, en plein coeur d'une zone touristique. Il y a des hôtels dans la zone tampon. On pratique du kite surf dans le lagon, entre autres. «Protéger le patrimoine ne veut pas dire empêcher le développement. Il y a un équilibre à maintenir. Protéger veut dire écouter tout un chacun», affirme Diana Bablee. Le Planning Policy Guidance pour Le Morne Cultural Landscape date de 2007. «Si un nouveau projet est possible, nous dirons oui, mais si cela va endommager le Paysage culturel du Morne, ma position sera, non. C'est mon devoir de protéger le site.»

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