Canal+ a présenté les premiers bénéfices de son acquisition de MultiChoice, en indiquant que l'Afrique était la principale source de réduction des coûts et de croissance.
L'opération a été finalisée le 22 septembre 2025. S'adressant aux investisseurs le 29 janvier, Maxime Saada, président de Canal+, a déclaré que le groupe s'attendait à des synergies d'EBITDA de plus de 400 millions d'euros et à un flux de trésorerie d'environ 300 millions d'euros d'ici à 2030. Ces économies proviendront de réductions de coûts, de renégociations de contrats et d'une stratégie commerciale plus stricte.
Le groupe combiné opère dans 70 pays et a réalisé un chiffre d'affaires de 6,45 milliards d'euros en 2024. Canal+ a déclaré que l'Afrique jouera un rôle central, citant le faible taux de pénétration de la télévision payante (environ 32 %) et la forte croissance de la population.
David Mignot, directeur de Canal+ Afrique, a déclaré que le groupe mettrait en oeuvre une stratégie commerciale agressive sur le continent. Les fournisseurs de contenu de MultiChoice ont été informés que leurs contrats ne seraient pas renouvelés et devraient être renégociés. Cela s'applique aux studios internationaux et aux producteurs locaux.
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Le groupe a déclaré qu'il maintiendrait sa présence dans 40 pays africains, mais qu'il ne prévoyait pas de revenir au Maghreb à court terme. La plateforme de streaming Showmax, déficitaire, fera l'objet d'un suivi attentif mais ne sera pas réduite pour l'instant.
Points clés à retenir
La stratégie montre comment l'Afrique est devenue le principal moteur de croissance de Canal+. Le continent compte plus de 1,2 milliard d'habitants et devrait en compter 800 millions de plus d'ici à 2050. L'électrification avoisine les 52 %, ce qui laisse une marge de manoeuvre pour la croissance de la télévision payante et du streaming à mesure que l'infrastructure s'améliore.
Canal+ fait le pari que l'échelle protégera les marges. Avec environ 32 000 points de vente, il dispose d'un avantage sur les marchés où les paiements reposent sur l'argent liquide, l'argent mobile ou les services bancaires locaux plutôt que sur les cartes. La pression sur les coûts de contenu devrait s'intensifier.
Les producteurs locaux craignent une baisse des tarifs à mesure que le groupe consolide son pouvoir d'achat, même si Canal+ s'engage à diffuser des programmes africains. Showmax reste un risque. La plateforme a perdu environ 370 millions d'euros en trois ans, mais la faible concurrence des diffuseurs mondiaux donne du temps à Canal+.
L'accès limité au haut débit et la faible utilisation des cartes continuent de ralentir Netflix et ses rivaux, ce qui permet au groupe de se concentrer sur la distribution et le contrôle des coûts plutôt que sur une expansion rapide de la diffusion en continu.